CEDEAO: la Guinée frappe fort... (Zoom Afrique)

PressTV Français 19 views
Dans une interview accordée au média Français RFI, mercredi, le président de la CEDEAO, Umaro Sissoco Embaló, a menacé la Guinée de lourdes sanctions. Cette sortie du patron de l’organisation ouest-africaine, n’a pas du tout plu à la Guinée, qui n’a pas manqué de lui remonter les bretelles.

Actualité en Afrique :

Tanzanie: l’exécutif lance un plan sur 15 ans pour le développement de la pêche

Nigeria : le gouvernement espère gagner 1,1 milliard de dollars grâce au spectre 5G en 2023

Le Cameroun devient le 36e pays membre d’Africa Finance Corporation

Le terminal roulier d’Abidjan réalise une performance record

Analyses de la rédaction :

 

1. Guinée vs CEDEAO 

Dans une interview accordée au média Français RFI, mercredi, le président de la CEDEAO, Umaro Sissoco Embaló, a menacé la Guinée de lourdes sanctions. Cette sortie du patron de l’organisation ouest-africaine, n’a pas du tout plu à la Guinée, qui n’a pas manqué de lui remonter les bretelles. 

Comme toujours, la Guinée de Mamadi Doumbouya ne laisse rien passer. Les autorités de la transition apportent une réponse virulente aux déclarations menaçantes auxquelles elles font face de la part de l’organisation sous-régionale, CEDEAO. 

La dernière en date, est la réplique cinglante de Conakry, aux menaces de sanctions lourdes qu’a proférées le président de la CEDEAO, Umaro Sissoco Embaló, alors qu’il répondait à une question de RFI, sur le processus de la transition en Guinée. 

En effet, le colonel Amara Camara, l’un des hommes forts de la transition, jusque là resté inaudible assène: « On n’est pas dans une relation de guignols ou de télé-réalité ». « Le mensonge grossier et les propos qui s’apparentent à de l’intimidation sont de nos jours des pratiques rétrogrades qui n’honorent pas son auteur et ternissent par la même occasion l’image de marque de la CEDEAO. Nous ne pouvons pas porter cette honte », rétorque le Colonel Amara Camara, secrétaire général de la Présidence, au président de la CEDEAO. 

Dans ses prises de paroles, Umaro Sissoco Embaló a souvent répété à souhait, qu’il aurait eu l’accord des autorités guinéennes pour une transition de 24 mois. « Aujourd’hui, la Guinée bat en brèche cette affirmation », le colonel Camara qualifie cette déclaration de « mensonge ». 

Cette déclaration de Conakry intervient alors que la CEDEAO a prévu un sommet pour ce jeudi, à New York. Les dirigeants de l’organisation ouest-africaine vont essentiellement axer leurs discussions sur la situation de 46 militaires Ivoiriens encore détenus au Mali, la sécurité dans la sous-région et les processus de transition en cours au Mali, Burkina et la Guinée. 

2. Pourquoi l’Afrique est tenue à distance des sommets du G20 ? 

Le président de l’Union africaine Macky Sall affirme avoir déposé la candidature de l’institution pour obtenir un siège lors des prochains sommets du G20. 

C’est une sempiternelle question. Mais qui mériterait une réponse rapide. Lors d’un discours pendant la 77e Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) à New York, le président de l’Union africaine (UA) Macky Sall a demandé pourquoi cette même UA ne disposait pas d’un siège au sein du G20. C’est, selon lui, indispensable « pour que l’Afrique puisse, enfin, se faire représenter là où se prennent les décisions qui engagent 1,4 milliard d’Africains ». 

Un dossier dans lequel Macky Sall semble avoir déjà avancé, puisqu’il a remercié « chaleureusement les partenaires qui nous ont déjà exprimé leur soutien » et invité « les autres à considérer favorablement notre candidature ». 

Le prochain sommet du G20 débutera le 15 novembre prochain à Bali, en Indonésie, sans l’Afrique, donc, qui reste indéniablement la grande absente de ce « groupe des 20 » pays les plus riches. Plusieurs tentatives d’impliquer le continent ont déjà eu lieu. Comme en 2008, lorsqu’il avait été question que l’Afrique puisse envoyer un représentant à titre d’observateur au sommet du G20 de Washington. Mais en réalité, selon certaines sources, aucune demande officielle n’avait été formulée. 

Le président congolais Denis Sassou N’Guesso avait à l’époque demandé « au nom de tous les chefs d’Etat africains » une invitation au G20 et jugé qu’il était « inacceptable que l’Afrique soit mise à l’écart ». Mais le chef de l’Etat congolais n’avait obtenu l’adhésion que de sept présidents africains. 

Seules exceptions, à Londres en 2009 et en 2017 en Allemagne. Lors d’un sommet du G20 en Allemagne, Macky Sall, alors simplement président du Sénégal, et Alpha Condé, qui présidait l’UA, avaient été invités par Angela Merkel. La chancelière allemande cherchait à l’époque à poser les bases d’un « partenariat avec l’Afrique ». 

Reste que, depuis, l’Afrique n’a pas plus participé qu’auparavant aux décisions importantes, qui ont pourtant un impact pour elle. Pourquoi cela doit-il changer ? « La population africaine va doubler d’ici à 2050 pour atteindre au moins 2,5 milliards d’habitants, et la moitié de cette population aura moins de 25 ans. L’Afrique est en passe de devenir le continent le plus dynamique et le plus jeune de la planète », affirme Friederike Röder, directrice de l’ONG One France, qui milite pour une présence africaine au G20. 

En juillet dernier, Macky Sall avait déjà affirmé que, « en omettant la majeure partie de l’Afrique, le G20 compromet son efficacité et son influence ». Il rappelait les invitations « occasionnelles » de l’UA et félicitait le G20 d’« accorder une attention croissante aux préoccupations africaines et aux questions mondiales qui concernent l’Afrique ». Mais selon lui, il fallait impliquer plus le continent. Sera-t-il entendu avant le sommet de novembre ?

3. Mali: ultimatum pour le départ de l’ONU est fini ! 

Le président malien, le Colonel Assimi Goita, a salué, mercredi 21 septembre 2022, dans un message à la Nation, la résilience dont le peuple malien a su faire preuve face aux sanctions qui lui ont été imposées. 

En effet, à l’occasion de la fête nationale d’indépendance du Mali, le chef de l’État Goita a magnifié la « grande dignité » dont a fait preuve le Mali face aux désagréments engendrés par les sanctions. 

Ce 22 septembre 2022. La date est doublement symbolique. Le Mali commémore les 62 ans de son accession à l’indépendance, mais ce jour marque également la fin de l’ultimatum du mouvement « Yerewolo debout sur les remparts » pour le retrait de la MINUSMA, devenue, selon ses tenants, une « force d’occupation ». Comme pour le départ de Barkhane, dont il en avait fait un « combat » de premier ordre, Yerewolo fera-t-il fléchir la mission onusienne au Mali ? La manifestation que ce mouvement « panafricaniste et souverainiste » organise ce jeudi pourrait bien marquer le début d’une longue série d’actions. 

C’est « l’assaut final », soutient-on à Yerewolo. Ce 22 septembre marquera tout simplement le lancement du « début des hostilités contre la MINUSMA », clame Ibrahima Maka Keita, membre du mouvement. Et comme pour la plupart des manifestations de ce collectif, devenu en moins de 3 ans le porte-voix des acteurs de la « Révolution souverainiste » au Mali, c’est du Boulevard de l’Indépendance de Bamako que va partir le « nouveau combat ». 

Un combat porté depuis toujours par Yerewolo, qui se dresse contre la présence de forces étrangères sur le territoire malien et dont la lutte a pris un important tournant le 20 juillet 2022, quand le « Commandant en chef » Adama Ben Diarra et ses camarades ont déposé une lettre au quartier général de la MINUSMA exigeant le « retrait pur et simple » de la mission onusienne du Mali. 

« À présent, la MINUSMA est devenue une force d’occupation qui ravive et entretient la peur, les clivages ethniques et la méfiance entre les communautés du Mali », accuse Yerewolo, pour lequel le mandat de la Mission a été vidé de son contenu authentique. 

Le mouvement, dans la foulée du dépôt de cette lettre d’ultimatum, n’est pas resté inactif. Dans la dynamique de pousser la MINUSMA « dehors », il a tenu le 5 août dernier un meeting « d’avertissement » au Palais de la Culture de Bamako, « l’opération Bonnets bleus contre Casques bleus », pour appuyer sa demande de retrait du Mali. 

Pour beaucoup, Yerewolo a parfaitement raison, dans le fond, de demander le départ de la MINUSMA a, parce que le Mali n’a tout simplement pas besoin aujourd’hui d’une mission d’interposition mais plutôt d’hommes pour faire la guerre. 

« Dès lors que sa structuration ne répond pas à une co-entreprise militaire des Nations pour faire la guerre, forcément, à un moment donné, la MINUSMA devient désuète », avance-t-il. 

La MINUSMA, dont le mandat a été prolongé, sur fonds de réserves du gouvernement malien, il y a quelques mois, ne s’inscrit visiblement pas dans un retrait du Mali, du moins pas dans l’immédiat, comme le demande le mouvement « Yerewolo debout sur les remparts ». 

Selon Adama Ben Diarra, après la lettre du 20 juillet, les premiers responsables de la mission sont allés voir les plus hautes autorités du pays et « nous avons eu des retours de ces différentes rencontres qui parlaient de notre demande ». Pour autant, affirme-t-il, le mouvement n’a pas été directement approché. 

La fin de l’ultimatum reste donc sujette à plusieurs interrogations sur la suite des évènements. La seule certitude est que Yerewolo, qui, comme le clame sa devise, « préfère la mort à l’esclavage » et s’est juré de « combattre l’ennemi quelle qu’en soit la nature, endogène ou exogène », ne compte pas lâcher prise. 

« Ce que le peuple veut, le peuple le peut. S’il défend une cause de manière pacifique et qu’on joue avec l’oreille de l’âne, au fur à mesure que le temps passe cela peut aussi le pousser à changer son approche », prévient le « Commandant en Chef », par ailleurs membre du Conseil national de transition (CNT), en laissant entrevoir un prochain passage à une vitesse supérieure dans leurs actions. 

« Nous sommes dans la révolution intelligente et c’est à travers cette intelligence que nous avons pu chasser la France. Cela se passera un peu de la même manière avec la MINUSMA, sans violences », déclare le mouvement. 

L’exemple du départ « demandé et obtenu » de la force française Barkhane du Mali constitue justement le premier « signal » de la force du mouvement, même si, sur un plan politique, malgré les ajustements de la mission que souhaite le gouvernement de transition, ce dernier n’a pas la question du retrait de la MINUSMA dans son agenda. 

Partis de l’idée que le colonialisme a toujours un impact en Afrique et au Mali, plusieurs associations et mouvements de jeunes impliqués dans la lutte panafricaniste se regroupent pour lancer le mouvement « Yerewolo  debout sur les remparts » le 19 novembre 2019 à Kayo, dans la région de Koulikoro, lieu emblématique du mouvement, où avait été arrêté en 1968 le président Modibo Keita, dont ils se réclament défenseurs des idéaux. 

L’ONU va sérieusement commencer à trembler au Mali. 

Add Comments