Le Tchad "déstabilise" la France! (Zoom Afrique)

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La victoire de l'opération "Colère de Bohoma" est plus qu’un simple défi du Tchad lancé à la France.

Zoom Afrique du 4 mai 2020

SOURCE : PRESS TV FRANÇAIS

L’actualité en Afrique :

  • L'Ouganda suspend la rotation des troupes en Somalie et en Guinée équatoriale sur fond de COVID-19
  • Niger: de 6,9 %, la croissance anticipée est revue à 1 % du PIB en 2020
  • Sénégal: FAR veut vendre tout ou une partie de ses 15 % de parts dans le projet pétrolier de Sangomar

Les analyses de la rédaction :

- Tchad : l’armée déstabilise la France

Un événement s’est déroulé le 17 avril au Tchad. Un avion français a tiré par erreur sur une concession à N’Djamena et fait plusieurs morts, selon Benin WebNewsTv.

L’obus a été tiré d’un avion militaire qui s’apprêtait à décoller de la base militaire Adji Kossei à N’Djamena, a expliqué Abakar Abdelkarim Daoud, chef d’état-major des Armées du Tchad. L'obus s’était abattu sur la résidence du commandant 1er adjoint de la garde présidentielle, le Général Mahamat Salah Brahim. Au moins 5 personnes ont été tuées dont trois enfants et plusieurs autres blessées. Était-ce une vengeance anti-tchadienne de Barkhane ?

Cet accident s'est  produit quelques jours après la victoire spectaculaire de l’opération "Colère de Bohoma" lancée en mars 2020: opération planifiée, commandée et pilotée pendant 17 jours par le président Idriss Deby dans les zones insulaires du Lac Tchad contre Boko Haram.

Dans la formule judiciaire consacrée à de tels événements, le procureur de la République Youssouf Tom a annoncé qu’une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de cet incident. 

Les faits avant toute investigation approfondie, montre que la roquette partie d’un Su-25, de fabrication russe, appartenant à l’armée de l’Air tchadienne, avait d’abord heurté un camion-pétrolier vide. Ensuite, cet obstacle dévia le projectile de sa trajectoire et lui évita de faire sauter un C-130 français stationné dans les parages.

La France a-t-elle cherché à détruire un avion de combat tchadien en pleine guerre contre Boko Haram ? L’enquête ne le dit pas encore mais il semble que la sévère correction des soldats du président Déby à Boko Haram dans l’opération "Colère de Bohoma" avait été donnée avec la forte participation des soldats français de Barkhane, basés à Adji Kossei.

Rien ne prouve qu’ils n’auraient pas saboté le système de projection des roquettes d’un de ces formidables avions d’attaque au sol - équivalent russe de l’A-10 américain -, pour se venger de l’administration Deby et sauver leur part de marché. Car qui dit que Déby, après tout ce qui vient de se passer, surtout son refus de se maintenir dans le G5 Sahel, ne déciderait pas de se rapprocher de la Russie.

En fait la victoire de "Colère de Bohoma" est plus qu’un simple défi du Tchad lancé à la France.

La base aérienne Sergent-Chef Adji Kossei d’où le drame est parti, sert aussi de QG tchadien à l’opération Barkhane dirigée par les Français avec une force militaire d’environ 4 500 soldats, répartis entre le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, selon le Conseil européen des relations étrangères.

Son budget est de près de 600 millions d’euros par an. Son équipement comprend quelque 3 drones, 7 avions, 21 hélicoptères, 6 à 10 avions de transport tactique et stratégique, 260 véhicules blindés lourds, 360 véhicules logistiques et 210 véhicules blindés légers.

Malgré ce déploiement monstrueux en effectifs et logistiques, soutenu par un gros budget, et qui fait de Barkhane la plus grande opération à l’étranger de la France, les attaques terroristes ne baissent presque pas d’intensité.

- Covid-19 : quand l'Afrique fait mieux que l'Europe... 

La Covid-19 a montré à plus d'un égard que l'Afrique est nettement en avance par rapport à l'Europe, disait un analyste de la question à l'antenne de Zoom Afrique. Et il a raison. Après la Covid-19, on juge le transport européen non viable en Europe et on dit: " Le transport aérien des passagers n’a aucun avenir s’il persiste à adopter les dérives qu’il avait ces dernières années. Le modèle avait depuis longtemps atteint ses limites et n’était plus du tout fiable. Il reposait sur un concept intenable, à rendement énergétique extrêmement limité et un système économique non durable. Ce système s’est effondré à la première crise sanitaire. Ce que nous observons actuellement avec la crise du COVID-19."

Mais en Afrique on voit les choses autrement, car ce continent est comme un phœnix qui renaît de ses cendres. Personne n'est dupe du but de la manœuvre.

Le coronavirus que les Européens ont inoculé en Afrique visait à justifier leur présence militaire et le pillage des ressources africaines mais aussi à ruiner toutes les concurrences. On se rappelle comment un accident de l'Air Bus de la compagnie éthiopienne a mis des bâtons dans les roues de cette florissante entreprise.

Et bien la Covid-19 en a fait autant avec la campagne aérienne sud africaine. Mais pas question de se laisser faire : le gouvernement sud-africain a annoncé vendredi qu’il allait recréer une nouvelle compagnie aérienne nationale sur les ruines de South Africain Airways (SAA), dont la ruine financière a été précipitée par la pandémie de coronavirus. Lourdement endettée et récemment placée en redressement, SAA n’a enregistré aucun bénéfice depuis 2011. L’arrêt quasi-total du trafic aérien mondial, causé par la crise sanitaire actuelle, a rendu encore plus aléatoire la survie de SAA, qui emploie 5.200 salariés. 

Le mois dernier, le gouvernement a refusé de verser une énième aide d’urgence de 10 milliards de rands (500 millions d’euros) à la compagnie mais le secteur n'est pas abandonné : "Les parties prenantes (…) se sont mises d’accord sur une vision et une stratégie à long terme" en vue de "la création d’une nouvelle compagnie aérienne dynamique", a annoncé vendredi le ministère des entreprises publiques, prouvant là encore qu'on est en Afrique et pas en Europe.

- Le président de la Commission électorale indépendante de Côte d'Ivoire (CEI), Ibrahime Coulibaly-Kuibert, a assuré jeudi à Abidjan que l’élection présidentielle ivoirienne aura lieu le 31 octobre 2020, car pour l’heure, il n’y a pas d’impact réel sur le processus électoral.

Mais quelle est la situation politique actuelle de la Côte d’ivoire ? Luc Michel, géopoliticien, nous en dit plus. 

 

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