Israël à l'affût de l'Éthiopie ! (Zoom Afrique du 30 novembre 2020)

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En Éthiopie, alors que le Premier ministre, Abiy Ahmed, a annoncé la prise de Mekele, le chef-lieu de la province du Tigré, certains médias semblent essayer de laisser planer des doutes et prétendre à la continuité des combats.

L’actualité en Afrique :

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  • RDC : une usine de montage de bus annoncée à Kinshasa d’ici avril 2021
  • Niger : inauguration de la route Maradi-Madarounfa-frontière du Nigéria
  • Huawei offre des équipements de télécommunications à une université nigériane
     

Les analyses de la rédaction :

1. Ghana : pas de scénario camerounais ou éthiopien !

Au Ghana, suite aux violences qui ont eu lieu dans la région du Volta par un petit groupe de séparatistes, le gouvernement de Nana Akufo Addo a pris les devants à l’approche des élections présidentielles du 7 décembre.

L’armée ghanéenne a été déployée dans la région de la Volta pour assurer la sécurité de ses habitants. Mais les médias mainstream font part d’un sentiment de crainte de la part de certains chefs traditionnels locaux. En effet, les médias mainstream mettent toujours en avant une certaine forme de non-démocratie. Ces chefs traditionnels locaux craignent donc une « intimidation » des électeurs et exigent donc la démilitarisation de la zone.

Pourquoi est-ce que les médias mainstream comme RFI font part de ce genre d'informations, compte tenu du fait qu’au mois de septembre, des séparatistes de la région ont exigé l’indépendance de cette région qui se trouve près du Togo dans le sud-est du Ghana.

Le gouvernement ghanéen a réussi à contrôler la situation en arrêtant les fauteurs de trouble, mais visiblement, les médias mainstream ne sont pas vraiment d’accord avec ces arrestations. Le but étant de discréditer les chefs d’État qui sont gênants en les faisant tomber systématiquement dans le même piège, à savoir, raviver le sentiment de haine des séparatistes pour faire agir le gouvernement et ensuite, faire passer ce même gouvernement pour des anti-démocratiques.

Sachant que ces groupes sont alimentés depuis l’extérieur, les gouvernements africains ne laissent pas faire et agissent directement pour mettre fin directement aux violences, sinon, ils peuvent se propager comme au Cameroun ou encore en Éthiopie. Les médias mainstream donnent raison et transmettent la voix des déstabilisateurs plutôt que de se mettre du côté du gouvernement, ce qui paraîtrait plus « normal ».

Depuis les indépendances proclamées des États africains, les pays occidentaux ont toujours gardé en réserve un petit groupe de séparatistes dans plusieurs pays stratégiques d’Afrique en tant que levier de pression afin de pouvoir garder un certain contrôle sur le gouvernement.

Mais ces petites astuces néo-colons ne servent plus à grand-chose. Le Ghana tout comme beaucoup de pays africains exposés au même problème, a trouvé la parade pour réinstaurer la sécurité dans le pays.

 

2. Centrafrique : le "Dicko" centrafricain mort ou tué ?

En Centrafrique, à l’approche des élections présidentielles, l’imam Kobine Layama, président du Conseil islamique supérieur de Centrafrique, est décédé samedi 28 novembre au soir, à Bangui, à l’âge de 62 ans. Membre de la plateforme des confessions religieuses, il est considéré par beaucoup comme un acteur influent de la paix en République centrafricaine. La cause du décès n’a pas été annoncée. 

Voici le contexte actuel de la Centrafrique. La campagne occidentale contre le président centrafricain Faustin Archange Touadera et aussi le désir de redéploiement de l’ONU et de la France dans le pays, indique que ces organes occidentaux tentent à tout prix de semer l’insécurité dans le pays pour pouvoir justifier une présence militaire. Dans un contexte pareil, la mort de l’imam Kobine Layama n’est peut-être pas si anodine que cela. Cet imam est un acteur influent de la paix dans le pays. Selon un de ces confrères, « C’est une grande personnalité qui a aidé pendant les événements qui ont secoué la République centrafricaine. Il s’est beaucoup investi pour le retour progressif à la paix en République centrafricaine, aux côtés de ses pairs, le cardinal et le pasteur. Je retiens de lui un homme dévoué parce qu’il s’est interdit de sortir. Il est resté sur place pour faire du plaidoyer sur le plan national et international afin que le monde soit sensibilisé, soit informé, sur ce que vivaient les Centrafricains, à cette époque. »

Cette semaine encore, l’imam Kobine s’exprimait sur la radio Ndeke Luka. Il disait s’inquiéter des messages de haine diffusés sur les réseaux sociaux, à l’approche des élections.

Sa mort peut avoir un effet troublant, et les Occidentaux peuvent profiter de la situation pour raviver la flamme de la violence et de la déstabilisation. Le but pour l’Occident étant de discréditer et de tout faire pour que le président Touadera ne soit pas réélu pour un deuxième mandat.

Depuis quelques semaines, la France et l’ONU tentent par tous les moyens de récupérer leur influence perdue suite à la décision du gouvernement de Bangui de se détacher de l’Occident et de ne pas laisser leurs plans néo-coloniaux prendre de l’ampleur. D’autant plus que ces imams ont beaucoup d’influence dans les pays africains tout comme l’imam Dicko au Mali.

La mort de l’imam Kobine Layama, ressemble aussi à la mort de l’imam de Djibo au Burkina Faso en août dernier. Le corps d'un imam du nord du Burkina Faso, Souaibou Cissé, avait été retrouvé. Il avait été enlevé, mardi, dans un car, entre Ouagadougou et Djibo, par un groupe armé.

Il est important aussi de rappeler que l’ONU a récemment menacé la Centrafrique pour les fakenews qui sont relayées à son encontre, sous peine de ne fournir aucune aide financière quant à la tenue des élections présidentielles en décembre. Cet organe continue de mettre la pression sur le gouvernement de Bangui afin de pouvoir prendre les choses en main.

Ces figures de paix dans les pays africains dérangent fortement le processus de recolonisation des pays occidentaux, car ils influencent la population en prônant un règlement des problèmes du pays en interne et non avec une aide extérieure. Ce qui donne de nombreux résultats et apporte un discrédit sur les méthodes utilisées par l’Occident. Ce qui pourrait laisser à penser que la mort de l’imam Kobine Layama n’est peut-être pas anodine et que si les médias mainstream se sont emparés de cette information, cela pourrait être un prélude à des pseudo conflits inter-communautaires ou inter-confessionnels.

Quoi qu’il en soit, les Centrafricains ainsi que le gouvernement ne se font pas avoir et font tout pour que le pays décolle avec des partenariats gagnant-gagnant.

 

3. Éthiopie : Israël à l'affût !

En Éthiopie, alors que le Premier ministre, Abiy Ahmed, a annoncé la prise de Mekele, le chef-lieu de la province du Tigré, certains médias semblent essayer de laisser planer des doutes et prétendre à la continuité des combats. Visiblement, certaines entités, qui s’intéressent de près à la déstabilisation de l’Éthiopie, de la chute du Premier ministre éthiopien et aussi à la déstabilisation de la région de la Corne de l’Afrique, veulent absolument que la guerre continue.

Selon certains médias mainstream comme Reuters, le commandant des séparatistes dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie, a déclaré que ses éléments avaient abattu un avion de l'armée fédérale et capturé son pilote.

Il aurait indiqué que le pilote « était en mission de bombardement » avant d'être abattu au-dessus de la région du Tigré.

Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun commentaire de l'armée éthiopienne ou du gouvernement, qui a déclaré plus tôt qu'il ne bombarde que des cibles militaires.

Le Premier ministre éthiopien est formel, Mekele est de nouveau sous contrôle du gouvernement.

Les médias continuent pourtant de déclarer qu’il est impossible de vérifier les sources suite à la coupure des communications avec le Tigré.

Le gouvernement éthiopien a tout de même pris les devants concernant les éventuelles fakenews que les médias tentent de relayer.

L'Agence éthiopienne de presse (ENA) a cité le chef d'état-major de la Force de défense nationale, le général Berhanu Gula, disant que les forces de défense avaient complètement pris le contrôle de la ville de Mekele.

Il a expliqué que « les Forces de défense nationale ont libéré plus de 7 000 membres du Commandement du Nord qui étaient retenus en otage par le groupe extrémiste du Front de libération du peuple du Tigré », soulignant que « le centre de commandement du nord de Mekele était également contrôlé ».

« La victoire est une grande bénédiction pour le peuple du Tigré », a-t-il dit, soulignant que le peuple du Tigré « sera libéré de la tyrannie du groupe extrémiste et se débarrassera de ses structures oppressives. »

« Le gouvernement poursuivra ses opérations d'application de la loi pour traduire en justice les membres du TPLF », a-t-il ajouté.

Mais visiblement, Israël serait, avec les États-Unis, très impliqué dans ce conflit. Et pour cause, Tel-Aviv a utilisé les séparatistes du Tigré en les armant et les finançant, pour provoquer une déstabilisation complète du pays et de la région.

Depuis des décennies, les Éthiopiens de confession juive attendent pour rentrer en Israël. En attendant, ils vivent à Addis Abeba, dans le Gondar, mais aussi dans le Tigré.

Cela pourrait aussi servir de chantage. À savoir, déstabiliser l’Éthiopie en échange d’un aller simple vers Israël. D'ailleurs, ce 29 novembre, la ministre de l’Immigration est allée en Éthiopie dans le but d’acheminer 500 juifs en Israël. Quelque 14 000 Éthiopiens d'origine juive attendent de venir en Israël, mais Tel-Aviv n'en a autorisé pour le moment que 2.000.

Vu la manière dont ces Éthiopiens sont traités en Israël, il est clair qu’il y a anguille sous roche. Tel-Aviv se contrefiche royalement des Éthiopiens. Soit, ils servent de main-d'œuvre, soit ils peuvent servir de milice armée.

Pour le moment, l’Éthiopie tient tête et l’Érythrée aussi d’ailleurs.

Israël ne veut pas s’arrêter sur une défaite contre l’Éthiopie. D’ailleurs, une visite officielle du Premier ministre Netanyahu est prévue en Égypte, et on devrait s’attendre à de nouveaux conflits dans la région.

Cela dit, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, continue de lutter contre les Occidentaux pour assurer le développement non seulement du pays, mais de la région tout entière. Et visiblement, l’Éthiopie continuera donc de tenir tête.

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