Mali : Israël débarque ... (Zoom Afrique du 5 décembre 2020)

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Israel Aerospace Industries a remporté un projet visant à assurer la sécurité des bases des Nations unies au Mali, en Afrique. Mais la résistance sahélienne pourrait faire barrage à ce qui ressemble à une percée de l’axe anglo-otano sioniste à l’une des régions du monde dont les souffrances ressemblent le plus à celles des Palestiniens.

L’actualité en Afrique :

Sénégal : le ministre de la Santé prône une remobilisation en faveur du respect des mesures barrières ;

Le Niger se prépare à l’adoption de la télévision numérique terrestre ;

Révision constitutionnelle au Tchad : « C’est une impression de fierté » (Djimet Arabi) ;

Ghana : le gouvernement lance une usine de transformation de fruits de 8 millions $.

 

Les analyses de la rédaction :

-Israël sillonne le ciel malien ?

En 2019, certaines informations ont fait périodiquement état du débarquement d’Israël au Sahel.

On a parlé d’une normalisation Israël-Tchad, information qui n’a pas tardé à faire apparaître ses conséquences à travers ce regain d’activités terroristes de Daech/Boko Haram au Lac Tchad et dans la foulée une montée en puissance des opérations de l’armée surtout l’opération Colère de Bohoma.

À l’époque on a parlé du Mali et du fait que l’une des ministres d’IBK avait plaidé en faveur d’une normalisation avec Israël. La rue malienne étant en totale ébullition contre la présence des forces d’occupation, et ce, sous l’égide des partis religieux et surtout celui de l’Imam Dicko, l’information s’est perdue, mais visiblement sans qu’Israël perde son obsession de faire des percées au cœur de l’Afrique musulmane. Surtout dans le Sahel qui de par ses frontières avec le Maghreb constitue une base arrière excellente contre les états qui comme l’Algérie s’opposent farouchement à toute normalisation avec Israël.

Au bout d’un mois de pseudo opération contre les terroristes qui sont des agents de Barkhane ; de la CIA, on vient d’apprendre que le ciel du Mali devrait tomber entre les mains de l’entité sioniste. Rassurez vous, le Mali de l’Imam Dicko n’a pas normalisé avec Tel-Aviv, mais c’est par la porte de derrière qu’Israël entre.

Selon un rapport du site Africa Intelligence, IAI, via sa filiale en Belgique, a remporté le projet de sécurisation de trois bases.

Israel Aerospace Industries a remporté un projet visant à assurer la sécurité des bases des Nations unies au Mali, en Afrique. Les bases sont utilisées par les forces onusiennes dans le cadre de l’opération MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée de Stabilisation au Mali). Le rapport provient du site Web Africa Intelligence. L’IAI a remporté le projet via sa filiale en Belgique appelée Belgian Advanced Technology Systems.

Il est significatif de remarquer que c’est la sécurité des bases de l’ONU qui devraient être assurées par l’entité sioniste via des radars et des drones de reconnaissance. En fait dans un ciel malien depuis près de 10 ans placé sous l’emprise des Français et de l’OTAN et depuis 2017 devenu l’apanage de la base américaine à Agadez, que peut avoir à dire un Israël dont le Dôme de fer a si gravement du mal à contrer les missiles palestiniens. La présence israélienne dans ces bases vise effectivement à affaiblir les forces armées maliennes, à les espionner et surtout à étendre leurs assises pour espionner l’Algérie voisine.

En effet, l’objectif consiste à déstabiliser les frontières algéro-maliennes, bref, à provoquer une nouvelle guerre qui se grefferait sur les précédentes.

D’où d’ailleurs cette autre information relayée par Opex360 qui prouve qu’en dépit des annonces de ces dernières semaines, Barkhane n’entend pas lâcher prise et quitter pour de bon le Sahel.

« Visiblement, pour la Force conjointe du G5 Sahel [FC-G5S], mise sur pied pour combattre les groupes armés terroristes [GAT] dans les régions frontalières communes au Mali, au Burkina Faso, à la Mauritanie, au Tchad et au Niger, la perspective d’une réduction des effectifs de Barkhane ne serait pas la chose la plus pertinente à faire actuellement. C’est en effet ce qu’a affirmé son chef d’état-major, le général nigérien Oumarou Namata, qui a profité d’être à Paris pour être auditionné par les députés de la commission de la Défense pour donner un entretien à RFI. »

Tout le monde sait que c’est Barkhane à la source de violence.

Mais le plan B US-OTAN-Israël au Sahel risque d’avoir du plomb dans l’aile, il y a quelques jours les agences d’informations évoquaient une opération simultanée contre trois bases françaises à Gao, à Kidal et à Ménaka. L’information a été largement censurée par la force Barkhane avant d’être reconnue puisque les sources maliennes l’ont annoncé.

La résistance sahélienne pourrait faire barrage à ce qui ressemble à une percée de l’axe anglo-otano sioniste à l’une des régions du monde dont les souffrances ressemblent le plus à celles des Palestiniens.

-Qui fait chanter l’Afrique du Sud ?

La seule partie qui pourrait aider le Mozambique à asseoir sa souveraineté sur ses richesses gazières aux dépens des multinationales comme Chevron, BP, Total, etc. seraient sans doute l’Afrique du Sud qui entretient des liens historiques antiapartheid, anti discrimination avec le Mozambique, mais aussi la Russie, la seule puissance à avoir envoyé ses conseillers militaires au Mozambique pour contrer l’assaut des terroristes de Daech soutenus et armés par la CIA et les autres services occidentaux.

D’où cet article de La Croix au ton péjoratif au sujet de l’incapacité de la Russie et de l’Afrique du Sud d’aider le Mozambique à surmonter cette crise terroriste.

« L’Iscap a occupé, à nouveau pour quelques jours, Mocimboa da Praia, profitant de l’incapacité des forces mozambicaines à la combattre, et ce malgré l’envoi de nombreux renforts depuis le début de l’année et la coopération d’agences de mercenariat. Un échec pour Maputo - la capitale mozambicaine - qui s’est ajouté à la déroute des mercenaires de la société russe Wagner, envoyés dans cette région en 2019 avant d’en repartir précipitamment. Le mois dernier, enfin, l’Iscap a étendu sa zone d’action dans le sud de la Tanzanie, attaquant la ville de Kitaya, tuant et décapitant une vingtaine de civils et soldats… », écrit La Croix à ce sujet.

L’impressionnante explosion suivie d’incendie à la raffinerie de Durban qui présente l’un des carrefours clé pour l’exportation ou le transit du gaz mozambicain ne pourrait pas être sans rapport avec la volonté explicite des puissances colonialistes voraces de voir le Mozambique et l’Afrique du Sud s’éloigner et entrer en conflit.

En effet, une explosion a secoué la deuxième plus grande raffinerie de pétrole brut d’Afrique du Sud à Durban vendredi, blessant sept personnes, selon les services d’urgence.

D’après le quotidien Mail & Guardian, cette raffinerie d’Afrique du Sud, a une capacité de 135 000 barils par jour.

Les puissances occidentales sont-elles en train de faire chanter l’Afrique du Sud en opérant un ciblage à l’EMP contre sa seconde raffinerie d’importance ? La piste n’est pas à écarter.

-Côte d’Ivoire, Guinée, RCA : le double standard de Paris

La réélection d’Alpha Condé à la tête de l’État guinéen a jeté un froid dans les relations entre Conakry et Paris. La différence d’approche de l’Élysée par rapport à d’autres pays africains, notamment la Côte d’Ivoire, démontre un positionnement orienté sur les intérêts géopolitiques français, dans ce qu’il continue à considérer comme étant son « précarré ».

Nombre d’analystes africains n’ont pas manqué de remarquer une approche clairement différente dans le traitement des élections présidentielles de certains pays africains francophones, et des situations intérieures respectives. Si en Côte d’Ivoire, le gouvernement en place – allié de Paris, mais contesté par nombre de citoyens ivoiriens, peut compter sur de chaleureuses félicitations émanant du leadership français, c’est bien loin d’être le cas en ce qui concerne les élections présidentielles récentes en République de Guinée, ou à venir – comme en République centrafricaine.

Comme le note le média Financial Afrik en lien avec les félicitations froides et tardives d’Emmanuel Macron destinées à Alpha Condé pour sa réélection en tant que président guinéen, « la déclaration du président Macron intervient dix jours après de vertes critiques envers Alpha Condé qu’il reprochait d’avoir modifié la constitution pour se représenter. Ces félicitations tardives et réservées ôtent en tout cas la France dans une intenable position contradictoire entre l’ivoirien Alassane Ouattara, chaleureusement félicité et son homologue guinéen réélu (...) ».

Évidemment, Paris pourra toujours se référer au fait que les élections guinéennes ont eu lieu dans « un climat de contestations » et d’accusations de fraudes par l’opposition. Il n’empêche que lorsqu’on connaît la contestation que connaît le chef d’État ivoirien dans son pays, et les diverses manœuvres ayant écarté de la course à la présidentielle nombre de ses concurrents, dont l’ex-président Laurent Gbagbo, sans oublier les pressions exercées sur les activistes panafricains dans le pays, la position élyséenne en ressort non seulement contradictoire – mais surtout fortement hypocrite.

Ce qui est sûr – c’est qu’une telle différence d’approche est sans aucun doute géopolitique et géoéconomique. Dans une mentalité purement néocoloniale. En Guinée, la diversification des partenariats extérieurs, y compris dans le secteur économique, ne profite pas pleinement à Paris – à la grande différence de la Côte d’Ivoire. Plus que cela, le chef d’État guinéen n’a pas manqué de remettre les points sur les « i » face aux représentants des médias français, dans une interview de septembre 2018, ayant fait beaucoup de bruit à l’époque. Notamment en lien avec le comportement des journalistes français participant à ladite interview, coupant régulièrement la parole au chef d’État guinéen.

Avant cela, dans un autre entretien daté d’avril 2017, accordé à la chaîne Euronews, Alpha Condé avait rappelé que la France doit considérer les pays africains comme souverains. Une prise de position que l’Élysée est loin d’apprécier dans sa relation avec les pays africains anciennement colonisés par l’État français.

Mais cette politique élyséenne du deux poids, deux mesures, en Afrique ne se limite pas à la Guinée. L’autre exemple actuel est évidemment la République centrafricaine – elle aussi une ancienne colonie française. Là aussi, Paris au lieu de vanter les mérites du président Faustin-Archange Touadéra, un intellectuel arrivé au pouvoir dans un cadre démocratique, ayant apporté une paix globale et bien plus de stabilité à un pays qui fut meurtri par un long cycle de violences internes, préfère critiquer les choix, notamment en termes de politique extérieure de Bangui.

Plus que cela, l’establishment français en a fait une affaire personnelle de première importance : par tous les moyens déstabiliser (ou peut-être redéstabiliser) la RCA. Le tout pour une raison simple et connue – la large diversification des relations extérieures du pays au cours de la présidence de M. Touadéra, notamment en direction de la Russie et de la Chine. D’ailleurs cela se traduit par d’innombrables campagnes de lobbying opérées par la diplomatie française. Notamment via son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Le souci dans tout cela pour l’élite politico-médiatique hexagonale, c’est qu’au final une telle approche n’augmente qu’un peu plus les sentiments de ras-le-bol observés pratiquement dans toute l’Afrique francophone vis-à-vis de la politique française sur le continent. Plus que cela, Paris semble ne pas se rendre compte, dans une arrogance néocoloniale extrême, que si un chef d’État africain s’intéresserait aux affaires intérieures françaises d’une façon ne serait-ce que semblable à celle que pratique depuis un long moment l’Élysée, il est bien peu probable que cela soit toléré par l’establishment français. Cela a d’ailleurs souvent été rappelé par les panélistes de la grande chaîne de télévision panafricaine Afrique Média TV.

Mais étant dans l’incapacité réelle de pouvoir changer un comportement datant de dizaines d’années, si ce n’est pas dire plus, les élites françaises doivent tout simplement se rendre à l’évidence que leur perte d’influence en Afrique se poursuivra de façon claire, rapide et confirmée.

Mikhail Gamandiy-Egorov, analyste-chroniqueur à l’agence Observateur Continental, nous donne son point de vue à ce sujet.

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