Mer Rouge : l’Iran peaufine sa stratégie dissuasive (Débat)

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L’épicentre des tensions USA/Résistance tend de plus en plus à changer de place pour aller du golfe Persique vers la mer Rouge.

À peine quelques heures après que le plus grand bâtiment de guerre iranien, porte-hélicoptères Makran, eut quitté les côtes iraniennes à destination de la mer Rouge pour y accomplir ce que le chef de l’état-major iranien, le général de brigade Mohammad Bagheri a décrit comme étant le retour de l’Iran dans le détroit de Bab el-Mandeb où « la marine iranienne a pour mission de protéger les intérêts du pays » et « d’étendre la profondeur stratégique iranienne » dans les zones situées bien loin du golfe Persique, l’Iran lance une nouvelle manœuvre navale « Eqtedar (Autorité) 99 ».

Que comprendre de toutes ces évolutions ? L’épicentre des tensions US/Résistance tend de plus en plus à changer de place pour aller du golfe Persique vers la mer Rouge où pour le grand malheur d’Israël, la puissance militaire émergente qu’est Ansarallah vient d’être blacklistée par les USA tout comme le fut, le CGRI en 2019. En deux ans le CGRI a fini par rendre impraticables les eaux du golfe Persique pour la flotte de guerre US. D’ici deux ans Ansarallah en fera de même pour la mer Rouge.
En effet depuis l’annonce du blacklistage d’Ansallah par les USA, peu d’observateurs applaudissent. Car cela veut dire très clairement que la Résistance yéménite a désormais légalement sur sa liste noire, non seulement les marines US évacués de justesse de Somalie vers le Yémen et déployées à l’est soit à Mahra où l’Amérique cherche à remplacer le pétrole de Maarib, mais encore les sionistes, eux qui à la faveur des Émirats et leurs pétrodollars s’apprêtent à créer deux bases navales à Socotra et à Mion.
Et puis le Makran a à son bord embarqué quatre vedettes rapides, dotées de 11 lance-roquettes en tout, mais aussi quatre sous-marins petits et de type Sabehat-15 (avec 150 forces d’opérations spéciales à bord) qui peuvent débarquer si le besoin se fait sentir dans le cadre des opérations navales à venir contre les forces d’occupation USA/Israël. C’est loin d’être rassurant pour une Amérique qui n’ose plus trop parler de son USS Georgia nucléaire dans le golfe Persique par crainte d’éveiller la colère du Ghadir ou du Fateh iranien, ni Israël dont le sous-marin qu’il donnait comme partant pour une « guerre navale anti-Iran » n’a même pas osé quitter Eilat.
Ayssar Midani, analyste franco-syrienne des questions internationales et Jacob Cohen, analyste politique, s’expriment sur le sujet.

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