Mozambique: Total ouvre la porte à l'armée française ?

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Au Mozambique, la France négocie son entrée en force pour envahir militairement le Mozambique.

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Les analyses de la rédaction :

1. Le Nigéria regagne sa souveraineté !

Le Nigeria continue de se débattre pour sortir de l'emprise du terrorisme international qui déstabilise le pays et la région.

Il y a quelques jours, des terroristes de Daech ont envahi une base militaire dans le nord-est du Nigeria. Les médias mainstream en ont d’ailleurs longuement fait leur une, cependant, un article est paru, hier, stipulant que l’armée a récupéré cette base. L’armée du Nigeria a repris dimanche le contrôle de la base militaire de Marte contrôlée par les terroristes de Daech, après « d’intenses combats », située dans le nord-est.

« Les troupes de l’opération TURA TAKAIBANGO, en coordination avec l’armée de l’air ont détruit sept camions militarisés des terroristes, et a décimé plusieurs terroristes alors qu’ils tentaient d’attaquer leur position », a indiqué l’armée nigériane dans un communiqué.

Les terroristes avaient pris, vendredi soir, le contrôle de cette base militaire de Marte.

De nombreux combattants sont arrivés à bord de camions militarisés et ont pris d’assaut cette base de la région du lac Tchad. Les soldats avaient essuyé des pertes humaines et en équipement.

Une information assez importante, mais pas pour les médias mainstream. La campagne de désinformation ou du manquement d’information continue.

Cette désinformation concerne donc le volet militaire du Nigéria, mais il y a aussi le volet économique. En effet, étant donné que le pays fait partie des économies fortes de l’Afrique. Ce qui fait que la campagne de désinformation touche aussi ce volet.

Une information est parue aussi dans très peu de médias sur la toile. La société nigériane TNOG Oil & Gas reprend les choses en main. Shell, Total et Eni cèdent leur participation dans le bloc OML 17. Les multinationales ont finalement été mises hors-jeu. La société nigériane porte ainsi sa participation dans la co-entreprise exploitant le bloc OML à 45%, aux côtés de la compagnie nationale de pétrole nigériane NNPC (55%).

Au travers de sa société d’investissement stratégique Heirs Holdings en partenariat avec son conglomérat Transnational Corporation of Nigeria Plc, Tony Elumelu vient d’acquérir des actifs de Shell, Total et Eni dans Oil Mining Lease (OML) 17, un important champ pétrolier au Nigeria, pour un investissement global de 1,1 milliard de dollars.

Ces avancées sont grandes, mais visiblement pas encore assez pour les médias mainstream.

De plus, le Nigeria pousse ses ambitions plus loin et porte des coups à la dépendance envers l'Occident. Comme d’autres pays, le Nigeria fait face à la recrudescence des cas de coronavirus sur son sol. Afin de vaincre le virus, le pays veut vacciner plus de 140 millions de personnes. Pour ce faire, le gouvernement souhaite ne pas dépendre uniquement des importations de vaccins.

Le Nigeria envisage donc de produire localement des vaccins contre la covid-19. C’est ce qu’a annoncé le lundi 18 janvier 2021, Osagie Ehanire, ministre nigérian de la Santé, lors d’une conférence de presse.

Selon le responsable, 10 milliards de nairas, soit 25,2 millions $, ont été débloqués par le gouvernement fédéral pour soutenir ce projet.

Depuis la tentative de révolution de couleur qui a eu lieu en octobre 2020, avec les encouragements de certaines personnalités du parti démocrate américain, le Nigeria et les pays alentours ont compris que cette partie de l’Afrique est devenue un objet de convoitise de Washington.

Ce qui fait que les exactions occidentales de ces dernières années ont poussé les pays africains à trouver le moyen de se détacher et de briser la dépendance envers l’Occident. Et ils sont en voie de réussir. Les aveux d’échec occidentaux se multiplient et les bavures sont de plus en plus mises en avant sur la toile. Les visages du néo-colon sont maintenant affichés au grand jour, et c'est ce qui pousse les États africains à se souder contre l'Occident.

 

2. Mozambique : la France négocie son entrée militaire ?

Au Mozambique, après l’ouverture de la porte par le Portugal, c’est bel et bien la France qui va rentrer.

La raison des attaques de Daech aux alentours des installations, la multinationale Total se clarifie. Aujourd’hui, l’Occident n’a pas besoin d’une armada de raisons pour justifier son entrée ou même sa sortie en toute légalité d’un pays africain.

En voyant la situation du Mozambique, beaucoup de médias font un parallèle avec le Mali, au point de se demander si le plan de Macron, avec l’aval de ses pairs les États-Unis, ne consisterait pas en un déplacement de Barkhane vers l’Afrique de l’Est. Zoom Afrique s’est penché sur cette possibilité à de nombreuses reprises.

Les morts récentes de soldats français au Mali ainsi que la vingtaine de civils assassinés lors d’un bombardement possiblement de l’armée française ont remis dans le débat une question souvent passée sous silence : quelles sont les raisons de l’intervention militaire de la France au Sahel et en Afrique ? Avec plus de 5000 soldats déployés dans l’opération Barkhane et après huit ans d’intervention militaire au Sahel ne contribuant qu’aggraver la déstabilisation de la zone, les aveux d’échec se multiplient donc, mais bien évidemment, parce qu’un autre plan entre en jeu.

Contrairement à l’objectif officiel qui justifie le « caractère permanent » de l’intervention au Sahel sous le prétexte flou de lutte contre le terrorisme, le caractère « permanent » de l’intervention française au Sahel vient du fait qu’elle vise des intérêts économiques et géopolitiques à long terme pour l’impérialisme français. Le Nord-Mali, principal théâtre de l’opération Barkhane, constitue en effet une zone stratégique où se retrouvent notamment les multinationales occidentales, mais cette zone s’avère être également un endroit stratégique militairement.

L’histoire se répète, mais cette fois-ci au Mozambique. Depuis la découverte de cet eldorado gazier, la France a tout fait pour convaincre Washington de lui laisser prendre un certain monopole. C’est donc réussi, la firme Total prend donc une part importante des ressources du Mozambique, vient ensuite l’américain ExxonMobil, et l’italien Eni. Mais outre le contrôle de la majorité des ressources, et grâce notamment aux contrôles des îles Éparses, la France se positionne aussi comme un gardien de la côte et donc de cette partie de l’océan Indien. C’est pourquoi les députés français ont refusé de restituer la souveraineté des îles Eparses à Madagascar, qui lui revient pourtant de droit.

Maintenant, pour pouvoir relancer encore une fois le même scénario que le Mali, il a fallu aussi la contribution des terroristes de Daech, qui sont bel et bien des mercenaires à la solde de l’Occident. Dans un premier temps, leur tâche consistait à chasser massivement les populations de la région de Cabo Delgado, pour que les multinationales puissent s’y installer mais aussi étendre les installations.

C’est généralement les sociétés de protection privées qui débarquent avec les multinationales qui s’occupent de cette sale besogne, mais dans un périmètre très restreint. Avec les terroristes de Daech, ce sont les déplacements de régions entières qui sont provoqués, comme c’est le cas ici de la région mozambicaine de Cabo Delgado. Après la décapitation des 50 Mozambicains par les terroristes de Daech dans la région de Cabo Delgado, les déplacements des habitants se sont multipliés. Mais cela a également ouvert la porte à une aide militaire venant du Portugal.

Viennent ensuite les attaques aux alentours des installations de Total, il y a 2 semaines de cela. Total, en profite pour déclarer qu’il se sent en danger, et donc le chantage à commencer entre la multinationale et le gouvernement mozambicain. Total impose maintenant ses conditions, quelles sont-elles ? Tout d’abord, le gouvernement mozambicain doit assurer la sécurité des sites de Total ou alors la multinationale française ramène ses propres commandos ! Il est clair que Maputo a besoin de son armée nationale pour se battre contre Daech qui, faut bien le dire, protège la firme Total. Ce qui fait qu’une seule option reste sur la table, c’est que Total ramène son propre contingent militaire car, l’argument mis en avant est que les investissements sont tellement importants, que Total croit avoir acheter le pays tout entier.

« Au-delà des supposées inquiétudes sur la « stabilité de l’Afrique de l’Est », le PDG de Total est avant tout inquiet pour les investissements milliardaires de la multinationale dans le pays. En effet, Total a décroché un contrat pour la réalisation d’un énorme projet pour l’exploitation du gaz liquéfié au nord du pays dans la province de Cabo Delgado. On estime que les investissements s’élèvent à 20 milliards de dollars ; un projet financé par « des prêts directs et des prêts garantis octroyés par 8 agences de crédit à l’exportation, par 19 banques commerciales et par la Banque africaine de développement », selon l’entreprise. Il s’agit de l’un des projets les plus importants d’investissements privés dans le secteur de l’énergie dans le continent. »

Tel que le relève The African Report, les réserves de gaz naturel trouvées dans la province de Cabo Delgado, pourraient placer le Mozambique parmi les premiers producteurs mondiaux : « Avec des réserves estimées à 65 milliards de pieds cubes, le site devrait produire 13,1 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié chaque année pendant au moins vingt-cinq ans grâce à l’exploitation de deux champs offshore et à la construction de deux trains de liquéfaction terrestre.» Alors que Total contrôle déjà un tiers de l’extraction du pétrole en Afrique et que le groupe s’apprête à exploiter cette énorme réserve gazière, la position au nord du Mozambique permettrait aussi au géant français d’accéder facilement au marché asiatique du GNL qui s'élargit au fur et à mesure que la Chine et l’Inde arrêtent la combustion de charbon.

Au même moment où des groupes comme Total, ExxonMobil ou Eni se lancent dans ce projet milliardaire dans la région, la profondeur de la crise économique pousse les puissances impérialistes à aggraver la concurrence pour avoir la main sur les ressources stratégiques comme le gaz et sur les parts d’un marché international de plus en plus restreint. C’est pourquoi le Mozambique est en train de devenir une nouvelle arène où différentes puissances globales se livrent une concurrence acharnée. Les puissances occidentales veulent à tout prix éviter que le gaz mozambicain tombe sous le contrôle d’entreprises chinoises, russes, voire indiennes. En même temps, les Européens tentent de s’assurer le contrôle de l’extraction du gaz afin de fournir l’UE, pour qu’elle devienne moins dépendante de la Russie, et pour ouvrir de nouveaux marchés.

Ce qui fait que l’intervention militaire est primordiale.

 « Je pense que les puissances occidentales se rendent compte qu’une enclave pilotée par Daech est en train de s’installer au Mozambique. C’est un problème de stabilité de l’Afrique de l’Est (…) il est clair que ce serait bien que la situation soit sous contrôle », a déclaré Patrick Pouyanné, PDG de Total, fin septembre lors d’une conférence de presse où il évoquait la situation au Mozambique. Il a également dit qu’il pouvait « aider en attirant l’attention des nations européennes sur la question. La France a un intérêt direct dans la région car elle possède Mayotte, une île située entre le Mozambique et Madagascar », selon l’agence Bloomberg.

Les menaces et le risque de ralentissement qui pèsent dans ce projet d’investissements privé d’envergure continental, ont poussé Paris à prendre position et à envisager le fait d’apporter de l’aide militaire au Mozambique pour assurer les intérêts de Total dans la région.

Si les EEUU avaient déjà proposé, début décembre, d’apporter de l’aide au Mozambique et de mettre en place une forme de coopération internationale, le gouvernement français a réagi publiquement ce 12 janvier.

Tel qu’on pouvait le lire sur Zone Militaire, devant les députés « la ministre des Armées, Florence Parly, a évoqué la situation de Cabo Delgado, laquelle fait l’objet d’échanges avec son homologue portugais, João Cravinho, le Mozambique étant une ancienne possession du Portugal. » Donc il faut d’abord convaincre financièrement le Portugal avant de pénétrer dans le précarré de Lisbonne et c’est donc pour cela que le Portugal s’est avancé en premier.

« Ce qui se passe au nord-est très inquiétant », avec « la montée en puissance d’un mouvement terroriste qui se réclame de Daech », poursuivait la ministre, « nous sommes en train de voir comment nous pouvons appuyer, par de l’entraînement et de la formation, les forces armées » du Mozambique. « Nous souhaitons pouvoir le faire avec nos partenaires européens », a ensuite précisé Mme Parly. En outre, a-t-elle rappelé, « nous disposons de forces qui sont positionnées dans le sud de l’océan Indien, à la Réunion et à Mayotte pour pouvoir y contribuer le cas échéant. »

Le Mali a visiblement servi de leçon à la France. En effet, beaucoup de hauts placés français ont souvent évoqué l’erreur de la France d’avoir voulu s’implanter seule au Mali. Maintenant Paris demande directement l’aide de l’UE pour ne pas répéter l’échec du Mali.

L’armée nationale s’est pour le moment ralliée à l’armée tanzanienne pour pouvoir combattre ces terroristes, mais le Mozambique aurait certainement besoin d'alliés de taille, qu’il devrait trouver facilement du côté de l’Est, afin d'éradiquer le terrorisme, comme ceux qui ont réussi à vaincre le terrorisme en Syrie.

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