Iran: Biden dans l'impasse (Débat)

PressTV Français 35 views
L’Iran a rejeté ce dimanche 28 février toute idée de réunion informelle avec les États-Unis et l’Union européenne pour discuter de la relance de l’accord nucléaire de 2015, insistant sur une levée par Washington de toutes ses sanctions unilatérales.

L’Iran a rejeté ce dimanche 28 février toute idée de réunion informelle avec les États-Unis et l’Union européenne pour discuter de la relance de l’accord nucléaire de 2015, insistant sur une levée par Washington de toutes ses sanctions unilatérales.

« Compte tenu des récentes actions et déclarations des États-Unis et de trois puissances européennes, l’Iran ne considère pas que le moment est venu de tenir une réunion informelle avec ces pays, ce qui a été proposé par le chef de la politique étrangère de l’UE », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh. À quoi joue l’Iran ? 

« Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Biden a essayé de sauvegarder sournoisement et sous les apparences dialogiques, les “acquis” de son prédécesseur et d’exploiter au maximum les sanctions économiques et leurs effets négatifs sur l’économie iranienne. La stratégie du nouveau gouvernement US consiste d’une part à maintenir le mécanisme des sanctions pour faire pression sur les éléments de pouvoir de l’Iran entre autres la technologie des missiles balistiques et procéder de l’autre à des “aumônes” au compte-gouttes à destination de l’Iran pour pouvoir ainsi poursuivre des efforts “diplomatiques” et atteindre son but à savoir priver l’Iran à la fois de son nucléaire et de ses missiles. Or l’Amérique n’est pas en position d’imposer quoi que ce soit : sur le plan militaire, comme l’a affirmé le commandant en chef des forces armées iraniennes, dimanche au micro des journalistes, le bilan US est fort mitigé. Fin décembre-mi-janvier, l’Iran a organisé et accompli 10 exercices en moins de 15 jours. Une méga manœuvre de drone au centre de l’Iran puis une manœuvre navale avec le dévoilement du navire logistique Makran, puis un exercice terrestre hybride sur la côte du sud et dans le sud-est du pays et enfin un exercice naval conjoint avec la Russie. L’US Navy n’a pas bronché tout simplement parce qu’elle en a été incapable ». Sur le plan diplomatique, l’Iran a aussi remporté la bataille puisqu’il est bel et bien sorti gagnant du conflit de la politique de pression maximale de Trump. Et de ce fait il n’accepterait jamais de renoncer à son programme nucléaire, et ce, pour le peu de concessions que pourrait lui accorder Washington.

Surtout que les problèmes et les sanctions économiques US n’auraient plus d’influence sur son économie, les Iraniens maîtrisant désormais et royalement les méthodes de stérilisation des sanctions US. Pour une Amérique, dépassée par les événements internes, et en guerre ouverte contre la Chine et la Russie, difficile d’en rajouter. Confrontés à de problèmes majeurs, les Américains sont conscients qu’ils ne sont pas, dans les circonstances actuelles, en mesure de s’engager en même temps dans plusieurs fronts, en l’occurrence l’Iran et la Chine. Cela fait d’ailleurs longtemps que « l’option militaire » anti-Iran a quitté la table des Américains qui n’osent même plus répéter que toutes les options sont sur la table. Tout ce qu’on entend c’est une insistance pathétique sur des solutions diplomatiques. D’ailleurs la toute première démonstration de force de Biden contre l’Iran et ses alliés à Abou Kamal en Syrie a été une « déconfiture » révélant au grand jour l’ampleur des limites auquel Washington fait face face à l’axe de la Résistance. 

André Chamy, juriste international et Xavier Dupret, économiste, s’expriment sur le sujet.

Add Comments