Nucléaire : à quoi rime la volte-face de la dernière minute du trio européen? (Débat)

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Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron, le président iranien Hassan Rohani a déclaré que « chaque opportunité qui se perd rendra plus difficile le maintien de l’accord nucléaire ».

Lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français, Emmanuel Macron, le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani, a déclaré que « chaque opportunité qui se perd rendra plus difficile le maintien de l’accord nucléaire ». 

« La décision de l’Iran de s’affranchir graduellement de ses engagements, pris dans le cadre de l’accord nucléaire, puise dans le retrait des États-Unis et l’incapacité de trois pays européens d’honorer leurs engagements », a déclaré Hassan Rohani, ajoutant que l’Iran pourra revenir immédiatement à ses engagements, une fois que les autres parties reprendront les leurs. 
Il a souligné que toute mesure ou toute position contre-productives au sein du Conseil des gouverneurs pourrait entraîner de nouveaux défis et compliquer davantage la situation. 
Qualifiant la France d’une partie de poids, Hassan Rohani a déclaré : « Les relations entre Téhéran et Paris pourront développer à base d’un point de vue stable et des objectifs à long terme dans le sens des coopérations bilatérales au niveau régional et international ».
De son côté, le chef d’État français, Emmanuel Macron, a déclaré que le maintien de l’accord nucléaire constituait une nécessité pour la communauté mondiale. Il a ensuite mis l’accent sur la poursuite des négociations pour que toutes les parties puissent respecter de nouveau leurs engagements. 
Emmanuel Macron a souligné que les deux parties devraient franchir les premiers pas. « L’Europe est prête à devenir plus active pendant les semaines à venir pour revivifier l’accord nucléaire », a-t-il ajouté. 
En effet, L’Iran a rejeté le dimanche 28 février toute idée de réunion informelle avec les États-Unis et l’Union européenne pour discuter de la relance de l’accord nucléaire de 2015, insistant sur une levée par Washington de toutes ses sanctions unilatérales.
Il ne reste donc que deux voies aux USA : faire de promesses - bien sûr fausses - pour pouvoir stopper les activités nucléaires iraniennes ou bien annuler immédiatement toutes les sanctions. La première méthode, la même utilisée par Obama, n’a plus d’utilité - elle n’en avait d’ailleurs jamais. Quant à la deuxième option, les États-Unis ne la souhaitent aucunement, mais elle serait pourtant moins coûteuse qu’une guerre déjà échouée, l’Iran ayant prouvé sa puissance militaire. L’Iran marche sur la bonne voie. Le « Grand Satan » Occident n’aura qu’à se plier.

Luc Michel, géopoliticien, et Jacob Cohen, analyste politique, s’expriment sur le sujet.

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