France: le Gabon coupe les amarres ?

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Lassé par les politiques méprisantes néocolonialistes et destructeurs, le Gabon pourrait se tourner vers le Commonwealth. Après le Rwanda, le Gabon sera-t-il le prochain pays d’Afrique francophone à se tourner vers les anglo-saxons ?

Actualité en Afrique :

Mali : les compagnies ont découvert plus d’or qu’elles en ont extrait en 2020 (ministère des Mines)

Le Burkina Faso entend être un pionnier dans le développement de la micro-irrigation

Gabon: reprise du procès de Brice Laccruche, ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo

Côte d’Ivoire: le nouveau code du travail intégrera le télétravail

 

Analyses de la rédaction :

1. Le Gabon coupe le cordon avec la France ?

Après avoir longuement assuré ses arrières en nouant avec des pays du bloc de l’Est, le Gabon entame son processus de détachement par rapport à la France.

Lassé par les politiques méprisantes néocolonialistes et destructeurs, le Gabon pourrait se tourner vers le Commonwealth. Après le Rwanda, le Gabon sera-t-il le prochain pays d’Afrique francophone à se tourner vers les anglo-saxons ? L’hypothèse prend de plus en plus d’épaisseur.

Une délégation du Commonwealth, emmenée par Luis Franceschi, était à Libreville cette semaine. Il y a rencontré les principales autorités du pays.

L’objectif ? Avancer sur les discussions d’adhésion du Gabon à cette organisation qui compte 54 États dans le monde.

Luis Franceschi, le directeur général de la gouvernance et de la paix du Secrétariat du Commonwealth, et ses collègues ont rencontré les principales autorités du pays : le président du Sénat, Lucie Milebou-Aubusson, les principaux responsables de partis politiques et d’organisations de la société civile, ainsi que le Premier ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda.

Il y a au Gabon une certaine fatigue vis-à-vis de la France néocolonialiste.

« Aujourd’hui au Gabon, comme ailleurs en Afrique subsaharienne, la France donne l’impression de perpétuer une relation asymétrique et de s’ingérer à tout propos dans les affaires intérieures du pays en cherchant à lui dicter son comportement sur un certain nombre de sujets, certes importants en Occident, mais secondaires ici en Afrique. Comme si l’époque coloniale n’était pas tout à fait terminée », explique un expert.

Or, « ce qui plaît précisément, à l’inverse, dans le Commonwealth, c’est que chaque État membre, quelle que soit sa taille ou sa puissance économique, est à égalité et que les relations entre États sont réellement régies par le respect mutuel », souligne l’universitaire.

« En outre », ajoute celui-ci, « la France donne le sentiment de parler beaucoup, de donner des leçons, mais finalement d’agir peu. Prenez l’exemple des vaccins contre la Covid-19. N’eussent été la Chine et la Russie, nous n’aurions à ce jour toujours aucune dose de vaccin », fait observer l’expert.

Autre dossier épineux : la multiplication des agressions, physiques et verbales, à l’encontre des représentants gabonais en France. Récemment encore, l’ambassadrice de France a dû porter plainte suite à des menaces d’agression physique de la part d’un ex-journaliste, qui se dit réfugié en France.

« Reste à voir si cette plainte sera réellement suivie d’effet ou enterrée comme les précédentes », peste un haut diplomate gabonais. À Libreville, on a du mal à comprendre le laxisme et l’inaction des autorités françaises dans ce genre de dossier.

La France donne également l’impression de faire peu de cas de la souveraineté des pays africains, leur faisant volontiers la leçon sur un ton moralisateur. Et quand ce n’est pas son gouvernement, c’est sa Justice. Il y a quelques jours à peine, dans le cadre de l’affaire des frères Laccruche, une juge française a émis une commission rogatoire à l’endroit de Libreville. Une initiative plus que diversement appréciée à Libreville qui entend bien y opposer une fin de non-recevoir catégorique. La confiance n’est pas non plus totale envers les Anglais, mais les précautions ont déjà été prises. Avec la Chine, la Russie et également, son entrée dans le corridor anti-sanction US en nouant notamment avec le Venezuela, il y a bien évidemment, les arrières sont assurés pour éviter les mauvaises surprises. De plus en plus de pays africains se détachent de la France et ce n’est qu’un début !

 

2. RCA: l'ONU veut recoloniser !

En Centrafrique, ce n’est plus un secret, la dérangeante présence russe pour l’axe Occidental se fait ressentir dans les médias mainstream. Tout comme avec l’armée éthiopienne et érythréenne, les FACA et leur soutien russe sont la cible d’attaque dans les médias mainstream.

Selon RFI, en Centrafrique, les méthodes brutales des instructeurs russes qui combattent aux côtés de l’armée centrafricaine susciteraient de plus en plus de peur et d’inquiétude. Le 31 mars dernier, le Groupe de travail des Nations unies sur les mercenaires alertait sur une longue série de violations graves des droits de l’homme qui leur sont attribuées. Évidemment, RFI a eu à accès à de nombreux documents confidentiels et recueilli des paroles de victimes.

Pour ne pas devoir accepter les avancées spectaculaires des FACA dans la sécurisation du pays, RFI déclare que ce n’est plus 535 instructeurs russes qui sont présents, mais bien entre 800 et 2.000 « mercenaires ». Donc, encore un peu, selon RFI, ce sont les Russes qui ont repoussé les rebelles menés par l’ex-putschiste François Bozizé et qui voulaient marcher sur Bangui.

Toujours selon RFI, le 31 mars dernier, pour la première fois, un groupe d’experts indépendants vient pourtant briser cette omerta. Dans un communiqué, le Groupe de travail de l’ONU sur l’utilisation de mercenaires rattachés au Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies de Genève dénonce le recours accru à des sociétés de sécurité privées par les autorités de Bangui. Et alerte sur une longue liste d’exactions qui leur sont « imputables » : « exécutions sommaires massives, détentions arbitraires, torture pendant les interrogatoires, disparitions forcées, déplacements forcés de population civile, ciblage indiscriminé d'installations civiles, violations du droit à la santé et attaques croissantes contre les acteurs humanitaires. »

Après les nombreuses tentatives de l’ONU pour redéployer plus de troupes en Centrafrique. En effet, depuis plusieurs mois déjà, après le net recul de la France dans le pays, l’ONU a tout mis en œuvre pour se redéployer en Centrafrique. En mars 2021, le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé, vendredi, une résolution visant à déployer progressivement près de 3.000 Casques bleus supplémentaires en Centrafrique. Selon eux, le pays serait « toujours » sous la menace de groupes armés cherchant à renverser le pouvoir. Et les enquêtes contre les militaires russes sortent tout de suite après cette arrivée. D’ailleurs, dans ces rapports, il est souvent question de la ville de Bambari, qui a toujours été convoitée par les soldats de l’ONU. Donc, ce genre de rapport n’est qu’un début et ne sert qu’à pousser les FACA hors de ces zones.

D’ailleurs, les enquêtes dites « indépendantes » vont toujours dans ce sens-là. La population centrafricaine attend toujours ces enquêtes prétendument indépendantes concernant les nombreuses accusations de viols sur des femmes et des enfants et de massacres des populations, des violences en tout genre et du racisme de la part des soldats français.

La justice française n’a pas, à ce jour, étayé les accusations de viols qui pèsent sur les soldats de la force « Sangaris » en République centrafricaine (RCA), en dépit de plusieurs enquêtes ouvertes depuis 2014.

Or, les premières investigations, lancées en 2015 sur des faits présumés de viols sur mineurs dans le camp de Mpoko, près de l’aéroport de la capitale, Bangui, se sont arrêtées le 20 décembre. Des sources judiciaires ont précisé que les juges d’instruction avaient rendu leur « avis de fin d’information » et n’avaient prononcé aucune mise en examen. En bref, les affaires sont directement étouffées et les médias mainstream en parlent, mais toujours en faisant planer des doutes, car, évidemment, RFI n’a pas accès aux dossiers.

Quoi qu’il en soit, la population centrafricaine s'attend à voir les FACA assurer leur sécurité et non des soldats français ou encore de l’ONU.

 

3. La France serait pauvre sans l'Afrique !

L'une des plus importantes réalités exprimées par un Congolais panafricaniste. Écoutons-le !

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