New Deal : méga arnaque signée Jupiter ! Zoom Afrique du 7 mai 2021

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Presqu’un an jour pour jour après ses fausses déclarations pour « une annulation massive » de la dette africaine, le président français Emmanuel Macron s’assure un nouveau coup de comm’ en plaidant pour un New Deal sur le continent. L’opération vise avant tout à faire la promotion du sommet des 17 et 18 mai prochains à Paris et tenter de (re)faire de la France un acteur incontournable en Afrique.

Actualité en Afrique :

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Analyses de la rédaction :

1. Mozambique : les Casques bleus ou les soldats des multinationales ?

Le géant Français continue de mettre la pression afin de faire venir les troupes militaires occidentales dans le but de coloniser le pays. Total ne veut pas d’une coalition africaine comme le souhaite le président mozambicain Filipe Nyusi ! Pour le président Nyusi, la venue de militaires occidentaux ne doit servir que dans le but de former l’armée nationale et non pour remplacer l’armée. Mais Total utilise la carte du chantage, en disant, sans coalition internationale, le projet gazier de Cabo Delgado, qui prétendument serait un axe de développement stratégique pour Maputo, pourrait ne jamais voir le jour.

Pourquoi prétendument ? Car Maputo sait pertinemment que le pays ne bénéficiera de rien du tout et qu’avec l’arrivée des militaires étrangers, en l’occurrence français, le Mozambique se transformerait en un Sahel.

Le recours à la force majeure fait suite au retrait de tout le personnel du projet du site d’Afungi, dans le nord du Mozambique, a déclaré Total dans un communiqué le 26 avril. Le géant pétrolier français avait déjà suspendu les plans de reprise de la construction à la fin de mars après que les terroristes eussent attaqué la ville voisine de Palma. Mais l’armée nationale a su récupérer Palma, donc en quoi cela dérange Total ? Que Palma soit sécurisée ?

Voici ce qu’écrit le média mainstream Jeune Afrique : « Une situation qui place, selon plusieurs analystes, la communauté internationale faire à un choix : abandonner Cabo Delgado, région qui héberge le méga-projet de Total, à son sort ou reconnaître que le gouvernement mozambicain est trop faible pour s’attaquer seul à l’insurrection ? »

Les médias mainstream continuent a affirmé que le gouvernement est trop faible, alors que cette question doit se régler au sein même du continent africain et non avec les ingérences étrangères. Dans les autres régions de l’Afrique, les ingérences étrangères ont tout simplement été un échec et une perte pour les pays d’Afrique concerné et les médias mainstream affirment pourtant le contraire.

Néanmoins, Total est loin de vouloir de se retirer du Mozambique en penchant plutôt pour la venue de l’ONU alors celui-ci a en ce moment une très mauvaise réputation compte tenu des manifestations notamment en RDC, en Centrafrique et les nombreuses attaques que les casques bleus essuient au Sahel.

Un analyste de Jeune Afrique affirme que Total dit espérer que le gouvernement mozambicain et ses partenaires régionaux et internationaux rétablissent la sécurité dans le nord de la province de Cabo Delgado. Mais il est peu probable que les dépenses du gouvernement mozambicain pour lutter contre l’insurrection augmentent de façon substantielle.

Il est assez culotté de parler d’argent, vu les dizaines de milliards que coûtent les projets gaziers en question dans un premier temps pour contourner la Russie dans la fourniture de gaz à l’Europe, et de dire ensuite que le gouvernement mozambicain n’a pas les moyens d’investir dans le secteur militaire.

Les moyens sont là ainsi que les résultats et beaucoup plus que les résultats qu’apportent Barkhane et Cie. Et si les résultats ne plaisent pas à sa majesté Total ce n’est pas le problème des Mozambicains qui cherchent seulement à ramener la sécurité pour que les déplacés puissent regagner leur domicile. Mais c’est exactement ce que Total ne veut pas cela afin de continuer sa politique d’expansion. Mais visiblement, Maputo le tient en échec !

 

2. Mali: les USA et l'ONU en mauvaise posture !

Au Mali, dans un contexte où il y a un accroissement de la Résistance contre la présence massive des troupes occidentales d’occupation et en ce moment surtout contre l’ONU, l’axe occidental tente à l'heure actuellement de changer de stratégie.

Pour l’ONU, ces derniers mois ont été un enfer, les attaques contre les camps de la Minusma sont révélatrices de la volonté de la population malienne à les voir partir. Avec les nombreuses manifestations notamment en RDC, mais également en Centrafrique, et les attaques contre la Minusma, il est clair que l’ONU se trouve sur un siège éjectable au même niveau que Barkhane et Cie.

Tout d’abord, le Premier ministre M. Moktar Ouane a reçu, hier, en audience, une délégation américaine composée de spécialistes en communication du commandement américain des opérations spéciales pour l’Afrique basé en Allemagne.

Conduite par le lieutenant-colonel Nasi Jamie, cette équipe est venue échanger avec le Premier ministre sur les défis et les opportunités de Communication du Gouvernement de Transition en matière de sécurité et de lutte contre l’extrémisme violent.

Il est clair que des nouvelles stratégies sont en perspective.

Mais, en plus de la visite de l’Africom, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU (RSSG) pour le Mali et Chef de la Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA), le Mauritanien El Ghassim WANE, est arrivé ce 5 mai à Bamako, accueilli par le Secrétaire général du Ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

L’Africom va-t-il s’allier maintenant à la Minusma et la France et Cie pour attaquer la Résistance malienne ?

Ça ne serait pas étonnant. La population malienne ne compte plus que sur elle-même et d’ailleurs, actuellement, a lieu les découpages administratifs, une forme de début de démembrement du pays, et cela coince déjà pour différentes raisons. Les Maliens descendent dans les rues pour protester contre cela. Mais ce qui touche le plus l’axe occidental et contre lequel ils sont vraiment décidés d’instaurer une stratégie, ce sont les alliances entre différentes ethnies comme à Niono ou récemment encore dans le Nord sous l’égide de la Communauté musulmane et non sous l’égide de la France et Cie.

Dans un premier temps, l’ONU et les ONG qui l’appuient cherchent à discréditer l’armée nationale aux yeux de la population en mettant en avant des rapports faussés.

La Division des droits de l’homme et de la protection (DDHP) de la MINUSMA a dans son rapport couvrant la période de janvier à mars 2021, déploré la détérioration de la situation sécuritaire, marquée surtout par des atteintes aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Et qui sont les cibles de ces rapports ? Les groupes terroristes (mais lesquels), les milices autrement dit les Maliens qui épaulent l’armée nationale pour la sauvegarde de la souveraineté et la sécurité du pays, les mouvements signataires et bien sûr les FAMA ainsi que leurs partenaires d’être à l’origine de ces abus. En bref, le rapport touche tous ceux qui ne sont pas du côté de l’axe Occidental. Sinon, logiquement, il aurait fallu relancer les exactions et les meurtres commis par Barkhane et Cie également. Donc, l’ONU veut instaurer des divisions au sein du Mali. L’organisation se charge de créer des conflits intercommunautaires en passant des stocks d’arme et des munitions à destination des groupes terroristes à leur solde pour qu’ils attaquent les ethnies et fassent porter la responsabilité à une autre ethnie.

Les Maliens sont plus que décidés à mettre les conflits armés de côté et à stabiliser le pays pour pouvoir ensuite s’attaquer au cœur du problème à savoir la présence massive de armées occidentales.

 

3.Françafrique : Macron redore le blason ?

Presqu’un an jour pour jour après ses fausses déclarations pour « une annulation massive » de la dette africaine, le président français Emmanuel Macron s’assure un nouveau coup de comm’ en plaidant pour un New Deal sur le continent. L’opération vise avant tout à faire la promotion du sommet des 17 et 18 mai prochains à Paris et tenter de (re)faire de la France un acteur incontournable en Afrique. Ces dernières semaines, l’État français s’est pourtant davantage signalé par sa volonté de faire perdurer la Françafrique qu’à une volonté de refonte complète de sa politique de coopération.

L’annonce d’un « New Deal » pour l’Afrique

En marge d’un déjeuner à l’Élysée (Paris, France) avec le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, Emmanuel Macron s’est adressé à la presse concernant l’impact économique désastreux de la pandémie en Afrique. Faisant état du « ralentissement très fort » des économies africaines, le président français a déclaré : « Nous sommes en train collectivement d’abandonner l’Afrique à des solutions qui datent des années 60. Nous devons absolument inventer pour le 17-18 mai prochain, un New Deal du financement de l’Afrique, c’est-à-dire des solutions profondément novatrices, une échelle d’ambition qui corresponde à ce que nous sommes en train de vivre. Sans quoi, nous laisserons le continent africain face à la pauvreté, nous laisserons le continent africain et sa jeunesse face à la réduction de leurs opportunités économiques, à une migration subie et à une expansion du terrorisme ».

69 millions d’Africain-es supplémentaires – principalement des femmes – seront poussé-es dans l’extrême pauvreté d’ici la fin 2021

Avec une contraction du PIB de 2,1 % en 2020, une chute drastique des flux financiers extérieurs (investissements directs étrangers, aide publique au développement, envois de fonds de la diaspora), la dépréciation d’une majorité de devise, une hausse vertigineuse de l’endettement extérieur, une insécurité alimentaire croissante symbole de la vulnérabilité du continent aux facteurs exogènes, et 69 millions d’Africain-es supplémentaires – principalement des femmes – poussé-es dans l’extrême pauvreté d’ici la fin 2021, la situation à laquelle doivent faire face les africain-es est effectivement critique.

Macron c’est la Françafrique

Avant de plaider pour un « New Deal du financement de l’Afrique », Macron devrait d’abord balayer devant sa porte. Hier comme aujourd’hui, l’État français a une responsabilité majeure dans les trajectoires de développement des pays africains.

En qualité d’« ancienne » puissance coloniale, l’Hexagone a laissé une empreinte quasi-indélébile, tant géographiquement (découpage arbitraire de l’Afrique lors de la conférence de Berlin de 1884), que politiquement (destruction des syndicats et ingérence permanente dans les élections), militairement (accords de défense [5], opération Turquoise au Rwanda, etc.), culturellement (imposition du catholicisme et de la francophonie), qu’économiquement (Franc CFA, accords économiques et commerciaux exclusifs ou préférentiels).


Quoi qu’en dise Macron, cet impérialisme multiforme perdure encore et toujours sous son mandat. Soft-power ou néocolonialisme, l’État français continue de défendre sous sa présidence ses propres intérêts. Économiques d’abord, en appuyant les projets gaziers et pétroliers de Total au Mozambique et en Ouganda, des concessions portuaires de Bolloré ou encore via le vrai-faux remplacement du Franc CFA. Stratégiques ensuite par son soutien armé à nombre de dictatures, ou à son appui aussi continue qu’inefficace à l’opération Barkhane au Sahel. Politiques encore, en accueillant à bras ouvert des chefs d’État fort peu fréquentables, parmi lesquels l’égyptien Al-Sissi en décembre 2020, l’Ivoirien Alassane Ouattara en mars ou encore le togolais Faure Gnassingbé en avril 2021. Historiques enfin, en se refusant à délivrer les dossiers classés « secret défense » afin de lever le voile sur les implications françaises dans le génocide des tutsis au Rwanda en 1994 et dans l’affaire de l’assassinat du président Burkinabé Thomas Sankara en octobre 1987. « Cerise sur le gâteau », il a été le seul chef d’État européen à se rendre aux funérailles du président Tchadien Idriss Déby, sans jamais critiquer le bilan d’un dictateur en place depuis 1990. Préférant saluer la « perte d’un ami courageux », il a officiellement reconnu le Conseil militaire de transition de son fils Mahamat Déby, en violation totale des dispositions prévues par la constitution tchadienne.

Le « New Deal » ou le « Consensus de Wall Street »

Macron a beau appeler à un « New Deal », ses recettes continuent de promouvoir mal-développement et dépendance. En novembre 2020, déjà, il présentait son « Consensus de Paris », basé sur la promotion « d’un partenariat avec les investisseurs mondiaux pour financer le développement et privatiser les biens publics » en Afrique, ce que Daniela Gabor et Ndongo Samba Sylla renommeront plus justement « La Doctrine Macron ou le Consensus de Wall Street ». Ce « New Deal », c’est laisser l’Afrique comme dernier maillon d’une chaine de valeur pilotée par les intérêts financiers. Les investisseurs véreux et autres fonds vautours en salivent déjà.


Macron devrait avant tout s’en tenir au respect de ses engagements. En portant d’abord l’aide publique au développement à 0,7 % du revenu national brut (RNB), sans condition et uniquement sous forme de don. À ce jour, c’est à peine 0,4 % du RNB, avec une comptabilisation fort discutable et principalement sous forme de prêts. En la matière, seul le Japon fait moins bien. Mieux encore, en annulant comme promis en avril 2020, les quelques 14 milliards de créances françaises sur les États africains. Tout en arrêtant de défendre le Club de Paris, cartel de créanciers aussi illégitime qu’inefficace. Ou enfin en plaidant au sein de la Banque mondiale et du FMI, institutions où la France dispose d’un poids important, l’annulation pure et simple de leurs créances. En Belgique, une telle résolution parlementaire est en cours de discussion, preuve qu’il est possible de faire bouger les lignes. Sans cela, Macron promeut effectivement « des solutions qui datent des années 60 ».

(Re)faire de la France un acteur incontournable en Afrique

Derrière l’annonce d’un « New Deal », Macron souhaite surtout faire la promotion du sommet sur le financement des économies africaines qui se tiendra à Paris les 17 et 18 mai prochains. Toujours plus bousculé par les nouvelles puissances impérialistes, au premier rang desquelles se trouvent la Chine, les pays du Golfe et les BRICS, Macron tente une nouvelle de fois de rendre incontournable l’État français dans les affaires africaines.

Tout changer pour que rien ne change, voilà l’agenda de Macron pour l’Afrique. S’il souhaite réellement instaurer un « New Deal » à la Roosevelt, qu’il le fasse au sein de ses propres frontières

Également à l’agenda de ce sommet, le Soudan. 25 ans après le lancement de l’initiative pays pauvres très endetté (I-PPTE), le Soudan devrait finalement voir sa dette bilatérale être annulée dans le cadre des conditionnalités imposées par le trio Banque mondiale/FMI/Club de Paris. Pour Macron, c’est l’occasion rêvée de faire passer cette annulation comme un acte généreux. Mais il n’en est rien. D’un côté, la France refuse de reconnaître le caractère odieux de la dette du pays, pourtant contractée contre l’intérêt des populations par des dictateurs successifs (Gaafar Nimeiry – 1969-85, Omar el-Béchir – 1989-2019). De l’autre, la BNP Paribas, toujours très proche de l’État français, a été condamnée à une amende de 6,6 milliards d’euros pour avoir violé l’embargo étasunien et financé la guerre au Darfour. Et depuis la révolution populaire ayant conduit à la chute d’Omar el-Béchir en avril 2019, l’hexagone lorgne sur les opportunités d’investissements dans les secteurs pétroliers et aurifères du pays. Une nouvelle opportunité pour la France de convertir ses créances odieuses en investissements dans le cadre d’un contrat dit de désendettement et de développement (C2D) ?

Tout changer pour que rien ne change, voilà l’agenda de Macron pour l’Afrique. S’il souhaite réellement instaurer un « New Deal » à la Roosevelt, qu’il le fasse au sein de ses propres frontières. Dans un pays où la pauvreté et les inégalités ne font que s’accroître, nul doute que nombre de français-es se réjouirait à l’idée d’une reprise de contrôle sur le secteur bancaire en séparant les banques de dépôt des banques d’investissement, ou en taxant bien davantage le capital et les plus riches comme viennent de le proposer de façon surprenante (mais non désintéressée) le FMI et Joe Biden aux États-Unis.

Source : mondialisation.ca

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