FCFA/Echo : le piège français?

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Face à la contestation croissante du franc CFA en Afrique de l’Ouest, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé fin décembre une « réforme historique ». Un aménagement du système qui entrave en réalité un projet de monnaie commune concurrente. Mais faut-il s’en réjouir ?

Analyses de la rédaction :

1- Monnaie africaine ; Paris le garant officiel !

Face à la contestation croissante du franc CFA en Afrique de l’Ouest, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé fin décembre une « réforme historique ». Un aménagement du système qui entrave en réalité un projet de monnaie commune concurrente. Mais faut-il s’en réjouir ?

La Banque de France a entrepris le transfert de 5 milliards d’euros de réserves de changes à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). L’institution « est en train de transférer des fonds qui appartenaient aux États africains » a indiqué mardi 4 mai une source proche du dossier, rapportée par l’AFP. Mais faut-il s’en réjouir ?

Face à la contestation croissante du franc CFA en Afrique de l’Ouest, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara ont annoncé fin décembre une « réforme historique ». Un aménagement du système qui entrave en réalité un projet de monnaie commune concurrente.

Le 21 décembre 2019, à Abidjan, les présidents français et ivoirien ont créé la surprise au sujet du franc CFA, perçu selon Macron « comme l’un des vestiges de la Françafrique ». Une annonce qui sert surtout à empêcher une vraie rupture du cordon entre la métropole et ses anciennes colonies concernant la monnaie utilisée par les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Cette rupture est pourtant réclamée par des pans croissants de la société civile des pays de cette zone, mais également par les autres États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, qui englobe géographiquement l’UEMOA) dans le cadre de son projet de monnaie commune. Les deux présidents, fervents défenseurs du franc CFA ces dernières années, ont annoncé trois changements.

Si cette réforme touche à des symboles importants, les quelques détails qui sont déjà connus montrent que cela ne changera en rien la situation de domination qu’exercera Paris sur ces pays, à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Et aucune annonce n’a été faite concernant le franc CFA des 6 pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), ni sur le franc comorien. Le premier changement concerne le nom de la monnaie : le franc CFA, qui signifiait originellement, franc des colonies françaises d’Afrique puis aujourd’hui franc de la Communauté financière africaine (pour les pays de l’UEMOA), disparaîtra pour prendre le nom d’ECO. Macron et Ouattara ont aussi annoncé le retrait des administrateurs français de la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Sauf que selon le Financial Times (01/01/2020), la France continuera à désigner un représentant « indépendant » auprès de la banque centrale régionale dont le rôle sera de surveiller quotidiennement les réserves. Enfin, les deux présidents ont annoncé la fin du compte d’opération et du dépôt de 50 % des réserves de changes des pays ouest-africains au Trésor français. Par contre Paris reste le garant officiel de cette monnaie qui conserve, comme le franc CFA, une parité fixe avec l’euro.

De plus, la France « se réserve le droit de revenir dans une instance de décision, en l’occurrence le conseil de politique monétaire » (RFI, 21/12/2019). Ce comité est l’organe central de décision concernant la politique monétaire, notamment en ce qui concerne la création de monnaie et le niveau des crédits autorisés dans la zone monétaire.


2- Zimbabwe : l’inflation en glissement annuel devrait descendre à 55 % d’ici juillet 2021 (Banque centrale)

Dans un contexte de crise économique et financière et de covid-19, le Zimbabwe a connu une inflation à 837,53 % en juillet 2020. Grâce aux nouvelles réformes, le pays table sur une reprise progressive de l’économie.

Au Zimbabwe, l’inflation est attendue à environ 55 %, d’ici le mois de juillet 2021 contre 837,53 % à la même période en 2020. C’est ce qu’a annoncé le comité de politique monétaire (MPC) de la Reserve Bank of Zimbabwe dans un communiqué publié le mardi 4 mai 2021.

Selon l’institution, l’inflation a notamment chuté de 240,1 % en mars à 194 % en avril 2021. Cette tendance désinflationniste avait commencé en août 2020, grâce notamment à la mise en œuvre d’une politique monétaire destinée à stabiliser l’évolution des prix. Le comité a à cet effet déclaré son intention de « poursuivre l’orientation conservatrice de la politique monétaire, afin de garantir le maintien de la stabilité actuelle des prix ».  

En outre, la Banque a annoncé des réformes qui devraient permettre de renforcer la reprise économique et de stimuler la productivité. Il s’agit du maintien du taux directeur de la Banque à 40 % pour stimuler les demandes de prêts, mais aussi de la mise en place d’un financement de 1,3 million $ (500 millions de dollars zimbabwéens) pour les micros, petites et moyennes entreprises (MPME).

Concernant ce dernier point, le comité a indiqué que le financement sera mis à la disposition des entreprises à un taux d’intérêt de 30 % par année, afin « d’améliorer la production et la productivité dans tous les secteurs de l’économie ».

Il faut aussi noter que la politique de soutien aux bureaux de change pour les besoins en devises devrait se poursuivre, dans le but de « soutenir les MPME qui ont besoin de devises étrangères pour leurs divers besoins de production ».

Par Carine Sossoukpè 

3- Comores : les ressources pétrolières, supposées, au cœur du litige avec la France

Un courrier officiel, du ministère français des Affaires étrangères de 2014, éclaire d’un nouveau jour la départementalisation de Mayotte et les revendications des Comores concernant l’appartenance de l’île aux Parfums à l’archipel. Il est question de ressource pétrolière sous-marine...

La lettre du ministère des Affaires étrangères français, date du 17 avril 2014. Elle est à la Une du site Harabizacomores.com, depuis ce mardi 6 avril 2021. Le rédacteur s’interroge sur la réponse de l’État comorien. Dans cette missive, Jean-Yves Le Drian, alors en charge de la diplomatie internationale rappelle à l’ambassadeur des Comores en France que de nombreux blocs pétroliers visés par le décret présidentiel concerne l’exploitation de ressources sous-marines situées au sein de la Zone Économique Exclusive de Mayotte, 101e département français.

Dans cette mise au point, il est question des blocs 11, 15, 16, 21, 22, 23, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 31, 31, 33 et 34. Cette lettre transmise est une réponse cinglante à la publication du décret présidentiel n° 14/009 du 10 janvier 2014. Elle devait lancer la campagne de prospection avant la vente des lots riches les plus intéressants.

-Ce différent risque de s’éterniser : cette mise au point se poursuit en précisant : « La France rappelle qu’elle a publié les lignes de base de Mayotte par le décret n° 2013-1177 du décembre 2013. Ces informations ont été transmises à la division du droit de la mer de l’Organisation des Nations unies ».

Ressource pétrolière étant synonyme de richesse, cette question sensible a été évoquée lors d’une interview du président de la République des Comores, Azali Assoumani, lors d’une visite officielle à Paris par vipeoples.net : « Que se passerait-il en cas de découverte de réserves pétrolières du côté de Mayotte ? Mayotte est comorienne. Si cela arrivait, on n’aurait pas les moyens de prendre Mayotte par la force face à la France. On ferait une réclamation en espérant que le droit international primerait (...) J’espère que les dialogues engagés avec la France et les Mahorais finiront par démontrer que nous gagnerons plus ensemble que divisés ».

La crise Covid a, depuis, modifié les urgences des pays. Cette question de Mayotte et par extension du pétrole, reviendra à la une de l’actualité quand les temps seront moins troubles. 

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