Mali: l'OTAN ouvre le front anti-Russie... (Zoom Afrique)

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Zoom Afrique du 15 juin 2021

 

Au Mali, et si l’axe néocolonialiste voudrait avant tout encercler le Maghreb et également déplacer son conflit avec la Russie en Afrique de l’Ouest ?

 

▶ Analyses de la rédaction :

 

1. Mali : l’OTAN remplace la France ?

2. Niger : la résistance africaine abat les drones US ?

3. Le Nigeria lance l’offensive dans le golfe de Guinée !

 

▶ Actualité en Afrique :

 

◾ Le Sénégal inaugure une section de route du projet de désenclavement de l’île à Morphil dans le nord

◾ La Tanzanie : la présidente Samia Suluhu veut préparer son pays à l’utilisation des cryptomonnaies

◾ Le Zimbabwe est en passe de devenir le deuxième fabricant d’autobus d’Afrique australe

◾ Le Gabon lance un concours national des meilleurs élèves pour sélectionner les génies que l’État va accompagner

 

https://french.presstv.com/Detail/2021/06/15/659115/Mali--l-OTAN-remplace-la-France--

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Analyses de la rédaction :

1. Mali : l’OTAN remplace la France ? 

Cette junte militaire issue du second coup d’État de la France au Mali et qui a fini par avoir l’approbation des amis des puissances colonialistes au sein de la CEDEAO et qui s’impose désormais au mépris de la Constitution malienne comme une instance « légale », ira-t-elle acheter des armes russes ? Finira-t-elle comme la RCA de Touadera par inviter les conseillers militaires russes, les Wagner et compagnie pour venir former les soldats maliens à faire face non éléments terroristes et agents de la CIA/Mossad/DSGE/.. Cie ? Mais encore aux forces armées d’occupation qui après la vraie fausse fin de la mission de Barkhane tend à se proliférer ? Bien sûr que non ! Alors pourquoi parler de « tentation russe » au Mali. Voici une info de Franceinfo :

« Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé le 10 juin la fin de l’opération Barkhane au Sahel sous sa forme actuelle, Moscou veut se poser en alternative à la France dans la région. À Bamako, la capitale malienne, une intervention de la Russie divise. Ils se rassemblent régulièrement, les jeudis, devant l’ambassade russe, à Bamako. Les membres de la plate-forme Intervention Russie militent pour que Moscou s’implique dans les affaires maliennes. Comme à l’époque de la décolonisation, dans les années 60, quand Bamako s’était rapprochée de l’ex-URSS. “Nous voulons que la Russie vienne traiter nos problèmes sécuritaires, explique-t-il. Nous avons vu la coopération militaire russe avec d’autres pays, comme la Syrie, ou plus récemment la Centrafrique. Nous sommes convaincus que des militaires russes feront davantage que la France.” »

En effet si on parle de cette tentation, c’est parce que le clan France/USA/OTAN est sur le point de s’engager officiellement au Sahel, non pas pour lutter contre le terrorisme qu’ils ont eu même crée et alimentés, mais bien pour deux choses : d’abord, encercler le Maghreb déjà aux prises avec l’OTAN au Sahel, puis et surtout déplacer leur conflit avec la Russie en Afrique de l’Ouest. Car faire face aux armes russes sur le vieux continent, c’est à la fois éminemment mortel et un combat perdu d’avance. D’où ce foutu Takuba dont fait la promotion Opex360 dans son article... en deux mots c’est sur le dos des Africains et au prix du sang des fils d’Afrique que l’axe US/OTAN veut régler ses comptes avec la Russie. Lisons l’article de OPex360 :

« Créé à l’initiative de Paris dans la foulée du sommet de Pau, qui avait réuni la France et les pays membres du G5 Sahel [Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad], le groupement européen de forces spéciales a atteint sa pleine capacité opérationnelle en avril dernier, grâce aux contributions de l’Estonie, de la République tchèque et de la Suède. L’Italie est par ailleurs sur le point de le rejoindre, avec des moyens significatifs. Et la participation d’autres pays européens est régulièrement annoncée. Ce sera ainsi le cas du Danemark, dont le Parlement a récemment donné son feu vert.

Mais que faire ? 

C’est clair comme de l’eau de roche : les Maliens, les Nigériens les Burkinabés, et beaucoup d’autres… ont fait échec au plan insidieux dit “terrorisme djihadiste” qui visait à provoquer le démembrement des États nations du Sahel. Il n’y a aucune raison qu’ils n’en fassent pas autant face à ce nouveau plan d’occupation du Sahel par les colonialistes d’antan, reconvertis aux soldats de la paix que pilotent les Yankees !

2. Niger : la résistance africaine abat les drones US ?

Avec un départ annoncé de Barkhane du Mali, les États-Unis s’organisent depuis le Niger, et la population a déjà annoncé la couleur !

Selon certains médias, l’armée américaine aurait à nouveau perdu un drone de frappe de type MQ-9 Reaper, au cours d’une opération militaire spéciale. La nature de la mission n’est bien sûr jamais dévoilée, même aux autorités des pays africains, mais les articles qui font part de la destruction de ce drone US ne mentionnent pas le pays dans lequel cela s’est produit. Par contre l’article mentionne bien que c’était un accident et que l’armée américaine aurait délibérément mis fin à son propre drone.

Voilà comment cela s’est passé. Lors d’un survol d’un des États africains, le drone MQ-9 Reaper aurait connu une fuite de carburant, obligeant les opérateurs à envoyer le drone au sol. Cela a été fait délibérément pour que les restes de l’avion et de l’équipement, après un éventuel impact au sol, ne tombent pas entre de mauvaises mains ».

Ce qui reste tout de même improbable, pour les raisons suivantes. Si l’armée US ne veut pas que son drone tombe entre de mauvaises mains, pourquoi aurait-elle pris le risque de faire voler un drone défaillant ? Aucune vérification n’est effectuée avant chaque décollage et après chaque atterrissage ? Surtout dans les conditions climatiques dans lesquelles sont régulièrement confrontés les engins militaires.

Les zones d’ombre dans les discours des Occidentaux sont un quotidien.

Auparavant, plusieurs drones MQ9-Reaper ont été détruits au Niger, là où les États-Unis ont installé l’une des plus grandes bases militaires aériennes hors de son territoire. Ce qui fait que le fief des drones US se trouve bel et bien là, et que les nombreuses attaques contre ces drones ont déjà eu lieu au Niger.

Et c’est bien la population nigérienne qui se bat pour le remballement de la présence militaire d’occupation depuis plusieurs décennies maintenant. Car il en va de leur survie !

Après une victoire qui a poussé Barkhane à plier bagage du Mali, pour peut-être redéployer ces soldats dans l’Est et laisser l’ouest aux États-Unis, Washington se réorganise dans cette perspective.

Dans une lettre adressée au président de la Chambre des représentants et au président temporaire du Sénat concernant le rapport sur les pouvoirs de guerre, le président américain Joe Biden a évoqué la présence américaine au Sahel et précisé qu’environ 808 militaires américains restaient déployés au Niger.

La lettre qui a été publiée sur le site officiel de la maison blanche explique les raisons de cette présence militaire américaine au Niger et dans le Sahel. « Les États-Unis dans le bassin du Lac Tchad et la région du Sahel continuent de mener des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance aéroportées ainsi que de fournir un soutien aux partenaires européens qui mènent également des opérations de lutte contre le terrorisme dans la région, notamment en conseillant, en assistant et en accompagnant ces forces partenaires », a indiqué le président américain.

L’armée américaine possède une base de lancement de drones à Agadez. L’infrastructure, dont la construction a coûté plus de 100 millions $, sert au lancement de drones de renseignements, entre autres. Une base de la CIA est implantée à Dirkou à environ 900 km de Niamey. L’infrastructure qui a récemment été élargie abriterait également des drones armés.

D’ailleurs, l’Allemagne voudrait visiblement marcher en tandem avec Washington.

La secrétaire générale du ministère des affaires étrangères et de la coopération, Mme Diallo Aminata Djibo et le chef de la délégation allemande, M. Ronald Meyer ont procédé, ce vendredi, à la signature du procès-verbal des récentes négociations intergouvernementales entre les autorités nigériennes et allemandes sur les perspectives de la coopération bilatérale. Au terme de ces négociations, la République fédérale d’Allemagne s’est engagée à octroyer à la République du Niger un fonds de 69,79 millions d’euros pour la période allant de 2021 à 2022.

Ce fonds est alloué pour permettre la mise en œuvre des différents programmes et projets de la coopération technique et financière dans les domaines « paix et cohésion sociale », ainsi que la santé de la reproduction, le planning familial, l’éducation primaire et la migration. L’Allemagne reste ainsi un des partenaires bilatéraux les plus importants de la République du Niger, avec dernièrement un fonds de 141,65 millions d’euros au cours de la période 2018 à 2020.

La France est vraiment sortie du jeu au Niger. Dans notre article sur le Mali, Zoom Afrique a également fait part d’un déploiement de soldats italiens au Mali. Est-ce ceux qui sont déjà déployés au Niger ? Pour rappel, en 2018, après la visite de l’ancien président Donald Trump en Italie, Rome a décidé de mettre la pression sur le Niger afin qu’il accepte un déploiement militaire sur son sol. Niamey était contre et a tenu tête pendant un an, jusqu’au kidnapping du prêtre Luigi Maccalli. Tout de suite après ce scénario, Rome a déployé 400 de ses militaires, soi-disant pour faire rempart à l’immigration clandestine. Depuis, on a plus eu de nouvelles de ce contingent militaire au Niger.

Notons qu’après l’attaque de Tongo-Tongo, localité située dans la région de Tillabéry, qui a coûté la vie à 4 soldats américains, les États-Unis ont librement pu s’emparer du Niger pour en faire une base militaire grandeur nature dans ce pays si stratégique leur permettant à la fois d’avoir un œil et un moyen de pression sur le Maghreb et également, sur l’Afrique australe.

Les Nigériens n’ont jamais été d’accord pour une présence française, américaine ou encore italienne, qui sont tous considérés comme des occupants sur le continent africain. Les Africains en ont marre de voir défiler des milliers de soldats occidentaux comme si c’est leur propre pays et de l’autre côté voir également la montée de l’insécurité.

Les populations du Sahel sont bel et bien décidées à mettre un terme à toutes ces supercheries néocoloniales, et lorsque des drones US sont détruits, le message est on ne peut plus clair !

3. Le Nigeria lance l’offensive dans le golfe de Guinée ! 

Dans le golfe de Guinée, après les accords militaires passés entre la Guinée équatoriale ou récemment le Congo, le Nigeria lance une offensive dans le golfe.

Depuis l’arrivée du président américain Joe Biden, les actes de piraterie ont augmenté dans le golfe de Guinée, et c’est évidemment les Russes, les Chinois ou même les Turcs qui sont les plus touchés. La volonté américaine d’obtenir le monopole du golfe de Guinée au détriment des pays de la côte africaine. Mais ces pays ne sont pas décidés à laisser faire l’axe occidental.

Selon les médias mainstream, les eaux au large du Nigeria seraient citées parmi les plus dangereuses du monde, enregistrant la majorité des attaques de pirates ces dernières années. Face au fléau, la première puissance du continent passe à l’offensive pour contenir ce phénomène.

Muhammadu Buhari, le président nigérian, a ordonné le jeudi 10 juin, le déploiement de 16 navires d’interception rapides et de trois hélicoptères pour lutter contre la criminalité maritime dans le golfe de Guinée.

L’équipement fait partie de l’arsenal « intégré de sécurité nationale et de protection des voies navigables du pays », le long de cette voie de navigation maritime. Il est acquis au profit de l’Unité nigériane de sécurité maritime (MSU).

C’est au total 195 millions de dollars de matériels et équipements que le Nigeria va mettre au profit de ce projet. Ces actifs se composent, en outre, de 16 véhicules blindés pour la patrouille côtière, deux navires de mission spéciale, deux avions de mission spéciale pour la surveillance de la zone économique exclusive (ZEE) du pays et quatre drones. Constitué de 600 soldats spécialement entraînés, le MSU combine une partie du personnel de la marine nigériane, de l’armée de terre, de l’armée de l’air, de la police et du Département des services d’État.

Selon le président Buhari, ce déploiement « était devenu évident dans le cadre de la collaboration maritime du golfe de Guinée récemment établi par le Nigeria et le Centre de coordination interrégional de Yaoundé grâce à la facilitation du groupe de travail conjoint entre l’industrie et l’État pour lutter contre la sécurité maritime dans la région ».

Les alliances intra-africaines se mettent en place et elles apportent beaucoup plus de résultats que les présences massives de navires occidentaux dans le golfe de Guinée. Il y a quelques semaines, Malabo et Yaoundé ont montré qu’en s’alliant la piraterie diminuerait considérablement.

Ce qui est une réalité en mer, mais également sur terre.

Même si les pays africains trouvent des partenaires extra-territoriaux, les partenariats régionaux sont beaucoup plus efficaces, ce qui a déjà pu se vérifier dans l’histoire.

Le Nigeria passe à l’action et les autres pays de la côte sont également présent et face à la piraterie, ramener par les occidentaux pour prétexter une nouvelle lutte, une nouvelle arrivée massive et une prolongation ad vitam aeternam d’une présence navale militaire sans devoir se justifier face à la communauté internationale. Les pays africains se renforcent en s’alliant avec les voisins de la région, et face à une telle alliance, le néocolonialisme n’a aucune chance !

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