Le scénario US contre le Mali? (zoom afrique)

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Analyses de la rédaction :

Mali : le projet démocrate mis en œuvre 

Cette démarche grotesque organisée par une France militairement défaite qui, remise à l’heure américaine, fait désormais partie du projet démocrate en Afrique de l’Ouest, lequel projet consiste à faire en sorte que la violence terroriste s’éternise au Sahel et qu’elle va à la fois dans deux directions, le Maghreb et la Côte, aurait dû nous avertir : quelque cinquantaine de jeunes Maliens vêtus en T-shirt blanc d’une ONG française s’étaient rassemblés pour réclamer la libération dudit « otage » Olivier Dubois, enlevé, dixit RFI à « GAO par un groupe terroriste lié à Al-Qaïda ». 

Évidemment personne ne demande pourquoi la libération de M. Dubois, lui même d’origine africaine, mais marié à une blanche, devrait susciter des manifestations, et on se demande pourquoi d’autres otages, eux maliens n’ont pas droit à ce genre de manifestation.

Mais la réponse est claire : la France, « atlantiste »  dont la mission revue et corrigée consiste à exporter désormais vers la Côte et le Maghreb le terrorisme qu’elle a elle-même créé avec l’aide des services secrets occidentaux et qu’elle entretient désormais très difficilement puisque les Maliens ont réussi, au bout de 8 ans de résistance, à neutraliser ce projet en déclenchant un processus de réconciliation nationale qui marche, et bien cette France a décidé aussi à s’exercer aux kidnappings.

Après avoir renoué avec la « méthode de putsch militaire », et l’appliquer deux fois au Mali et une fois au Tchad, mais aussi tenté de le faire et là sans succès au Burkina et au Niger, voici la puissance colonialiste endettée qui se met à l’heure de s’en prendre directement à la présence des pays rivaux au Sahel. Évidemment la Chine et ses investissements passent en premier d’où cette information qui vient de tomber sur RFI avec ce titre particulièrement choquant :

« Mali : des entreprises de construction prises pour cible par les jihadistes »

 Là comme le disait il y a peu l’imam Dicko, c’est la France qui, bien que détestée par les Maliens est sur le point d’imposer ses décisions à l’État malien, de décider avec qui il devra avoir des liens commerciaux et avec qui il ne le devra pas.

 Dans son entretien du 11 juin, l’imam qui s’en prenait directement à une Force d’occupation qui se croit toujours le pouvoir tutélaire, et partant autorisée à décider en lieu et place des Maliens.

« Je ne vois pas ce que la France a à refuser ou à accepter dans cette situation. Ce n’est pas à la France que l’on demande de discuter avec qui que ce soit, c’est au Mali, qui est un pays souverain ! Voilà huit ans que les forces françaises sont au Mali. Pourtant, l’étau continue de se resserrer autour de nous, parce que le Mali n’a pas réussi à adopter une politique conséquente. Nous avons laissé ce conflit devenir celui des Occidentaux face aux groupes armés, alors que ce sont les Maliens qui en subissent les conséquences. Il faut savoir faire preuve de tolérance et d’humilité. Quand un pays souverain est assisté militairement par un pays ami, cela ne justifie pas que ce dernier doive lui imposer ses diktats. Le ton de la France, souvent, ne plaît pas aux Maliens », lit-on dans le dernier entretien de l’Imam Dicko.

Mais outre les Chinois, ces fameux « jihadistes » que la France entraîne et forme désormais non seulement dans sa base à Gourma, plus au sud, mais encore au Niger où une première base des forces spéciales française et otanienne vient de voir le jour, il y a aussi des ressortissants de trois autres pays dont la nationalité importe à la force d’occupation. Outre les Maliens, il y a des employés mauritaniens et béninois qui ont été kidnappés.

À quoi rime ce constat ? Au fait, si Barkhane a été poussée vers la porte du nord du Mali, si elle n’a pas réussi à en provoquer la scission, en dépit de plus de huit ans d’efforts de guerre, de terrorisme et de complot, c’est en grande partie pour cause des Magrébins si proches des Touaregs. Et puis le Bénin de Patrice Talon continue à défier les puissances occidentales aussi bien avec ses prises de décision politiques que sécuritaires. Il se rapproche de l’Algérie et de la Mauritanie pour former un bloc Sahélo-magrébin contre l’invasion occidentale et la France, à titre de bras exécutant d’un Empire occidental qui s’ébat pour s’éviter le naufrage. Reste à savoir si des collectifs blancs feront dans les semaines ou mois à venir des rassemblements pour demander la libération de ces otages ou si puisqu’il s’agit d’Africains et d’Asiatique, les médias occidentaux s’en fichent. Un point positif toutefois : Dans le temps, la France et Cie faisaient enlever leurs propres ressortissants. Méthode courante qui leur permettait d’étendre leur présence dans des zones interdites ou difficiles d’accès. Désormais c’est aux ressortissants des pays rivaux qu’ils s’attaquent. Pourquoi ? Et bien tout bonnement parce que ces zones-là sont désormais effectivement interdites d’accès aux forces d’occupation. Et interdite veut dire que la population en est prête à en découdre avec, pour les mettre à la porte. 

Le terrorisme dans la Côte : le plan B occidental

« Les groupes jihadistes ont l’ambition d’étendre leur influence au-delà des pays sahéliens et de s’implanter dans le nord des pays côtiers. La Côte d’Ivoire est dans leur viseur, mais aussi le Ghana, le Togo et le Bénin, où ils peuvent jouer sur le sentiment d’injustice partagé par de nombreux Peuls pour recruter des combattants », c’est ce qu’on lit dans l’article du 16 juillet du Mondafrique.

Le scénario de la déstabilisation de la côte, on le voyait venir. Depuis l’enlisement embarrassant de la force d’occupation dans le nord du Mali et leur retrait inévitable de cette région, il fallait bien trouver un nouveau territoire pour s’y implanter et de poursuivre les plans de démembrement et de déstabilisation, où mieux donc que la côte, cette région stratégique, qui a tenté tant bien que mal à résister face à toutes sortes d’ingérences.

« Abidjan est en alerte. Ce qui il y a un an encore constituait une menace possible est devenu aujourd’hui une évidence : les jihadistes sahéliens ont un projet dans le nord de la Côte d’Ivoire. Ces trois derniers mois, quatre attaques ont été menées contre des positions des forces de sécurité le long de la frontière avec le Burkina, dans les environs de Kafolo », poursuit l’article de Mondafrique.

Au fait cela fait à peu près six mois que les services secrets occidentaux ont déclaré la guerre à la Côte, l’ont menacé d’une extension du terrorisme depuis le Sahel, mais que malgré plusieurs tentatives ils n’y sont pas parvenus.

De plus, les tentatives d’Alassane Ouattara de calmer la situation interne et de procéder à des dialogues de réconciliation n’ont pas à cette force néo-colonialiste, qui voit dans n’importe quel désaccord intérieur un moyen de déclenchement d’une grande crise.

Au Ghana, autre pays visé par cette « vague terroriste » dont en parlent les médias mainstream, avec les tentatives ratées de déstabilisation du pays avec le levier de pression des séparatistes du Togoland, il est évident que la carte du terrorisme est maintenant envisagée.

Le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Bénin et même le Togo grâce à leur peuple ont déjà étouffé les révoltes qui se mettaient en place contre leur pays. L’union des pays de la côte du golfe de Guinée pourra sans aucun doute repousser ces mercenaires, mais également la présence militaire occidentale qui couvre les mercenaires terroristes !

Mozambique : Rwanda, complice de l’axe néo-colonialiste

Décidément ce n’est pas seulement les pays du Sahel qui se trouvent dans le viseur du projet démocrate de l’Afrique, mais ce projet semble s’étendre jusqu’au sud de l’Afrique où, l’axe colonialiste mise sur le pillage des ressources et richesses de ces pays, l’un des principaux pays cible est le Mozambique.

Il est vrai que le président mozambicain a gardé sa position sans succomber aux pressions de la Communauté internationale qui l’oblige à demander une aide militaire de l’occident. Il a choisi de régler ce dossier sécuritaire au niveau national et même régional.

Depuis quelques semaines les deux pays ont à maintes reprises souligné la nécessité d’une coopération bilatérale pour la résolution de plusieurs projets politiques et économiques.

La semaine dernière, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a approuvé une nouvelle expédition de troupes au Mozambique, notamment dans la province de Cabo Delgado, théâtre depuis octobre 2017 d’une offensive terroriste de Daech.

Mais cette fois encore, l’axe occidental n’a pas pu digérer qu’une solution interafricaine soit appliquée pour résoudre les déstabilisations au Mozambique, déclenchée par ce même axe.

Le Rwanda, allié indéniable de l’axe Occident a profité des troubles qui secoue l’Afrique du Sud en ce moment (des troubles qui ont sûrement un lien avec ce même axe) et a doublé les SADC et a donc envoyé ses troupes au Mozambique.

Cette présence irrite donc Johannesburg, d’autant plus que Kigali ne fait pas partie des pays de l’Afrique australe.

« Les soldats rwandais sont notamment déployés pour sécuriser les sites clés de gaz naturel liquéfié, dans le but selon les analystes, d’attirer à nouveau les investisseurs, effrayés par des attaques meurtrières, comme celle très médiatisée en mars à Palma », lit-on sur RFI.

Mais Maputo a tout mis en œuvre pour éviter une invasion militaire occidentale sur ses terres. C’est pour cela d’ailleurs qu’il n’a jamais permis à un pays tiers d’intervenir dans son pays sous prétexte « d’aide militaire », sauf quelques exceptions, dont la Russie et plus récemment les pays de l’Afrique Australe, en qui il avait confiance. Rwanda, élève des Occidentaux et connaissant bien ses leçons, a donc profité de cette situation et s’est infiltré au Mozambique.

Le but de ce plan est clair, empêcher d’autres puissances de vouloir s’implanter au Mozambique, en plaçant le couteau du terrorisme sous la gorge de Maputo.

Quoi qu’il en soit, Maputo ne semble pas laisser l’axe occidental prendre le monopole de son pays. Les alliances intra-africaines priment pour le gouvernement et la population mozambicaine qui se retrouve impliquée dans des planifications néocoloniales.

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