Côte d'Ivoire/Bénin: la bombe US? (Zoom Afrique)

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Quelque chose se prépare sur la Côte : après s’être entretenu avec Ouattara, alors que l’armée ivoirienne fait face à des attaques terroristes, le commandant des Forces américaines en Afrique (AFRICOM), le général Stephen Townsend, débarque au Bénin.

Actualité en Afrique :

-Comment le Ghana veut devenir un leader africain dans la transformation de la bauxite ;

-Mali : des contacts avec des « sociétés privées russes », mais Moscou nie toute implication ;

-La Côte d’Ivoire prévoit une croissance moyenne de 7,65 % sur les 5 prochaines années ;

-Ouganda : une clôture électrique contre le braconnage.

Analyses de la rédaction :

Mali : quand la France joue au jeu du chat et à la souris

Voilà un nouveau scénario mis en place par la France et son allié, le Premier ministre malien du gouvernement de transition, Choguel Maïgam pour justifier une fois de plus la présence française dans le pays, une présence de plus en plus contestée par une population qui ne se laisse pas faire par ce genre de jeu.

Dans ce nouveau scénario, c’est à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies ce samedi que le Premier ministre malien du gouvernement de transition, Choguel Maïga, dit ne pas avoir apprécié que la France ait abandonné le Mali.

« Devant la communauté internationale, Choguel Maïgua s’est plaint de la façon dont s’est effectué le retrait de la force française Barkhane du Mali. Une décision unilatérale de la France selon lui, que le gouvernement de transition a déplorée. Car le Premier ministre l’affirme, la situation sécuritaire au Mali ne s’est absolument pas améliorée malgré les forces étrangères sur le terrain et les habitants continuent à souffrir de ces menaces jihadistes. Du coup, Bamako a fait de la sécurité sa priorité numéro un, encore plus après avoir été abandonnée par les hommes de Barkhane. 

« La nouvelle situation née de la fin de Barkhane plaçant le Mali devant le fait accompli et l’exposant à une espèce d’abandon en plein vol, nous conduit à explorer les voies et moyens pour mieux assurer la sécurité de manière autonome avec d’autres partenaires de manière à combler le vide que ne manquera pas de créer la fermeture certaines emprises de Barkhane dans le nord du Mali », a lancé le Premier ministre malien.

Ce discours signifie clairement que le Mali « supplie » la France de ne pas se retirer du Mali et de ne pas laisser le pays « seul ». Une façon pour la France de prolonger discrètement sa présence, sous prétexte « du besoin » exprimé par les autorités maliennes.

Barkhane et cie, présents depuis des années au Mali, ayant dépensé des milliers de dollars dans leurs institutions soi-disant « anti-terroristes », sont-ils réellement prêts à quitter le Mali alors que pendant des mois et des mois, ils soutenaient haut et fort le départ du président IBK et une réforme politique dans le pays ?

La France est désormais perçue comme une puissance coloniale qui poursuit les mêmes vieilles pratiques coloniales dans un nouvel environnement international. Ces pratiques ont pour but de siphonner les ressources des pays africains en imposant des conditions d’interaction économique défavorables et disproportionnées, en soutenant des élites compradores corrompues qui agissent dans l’intérêt des grandes entreprises « françaises » plutôt que dans celui de leur propre peuple.

À première vue, ce système néocolonial semble profiter à la France elle-même, mais c’est une erreur. Son principal bénéficiaire est désormais l’Amérique.

D’ailleurs la mort d’un soldat français, « le caporal-chef Maxime Blasco », qui, selon les médias mainstream a été l’un des tireurs d'élite de Barkhane, pourrait être un false flag de plus, à l’image de celui perpétré à Tongo Tongo au Niger, afin de servir de prétexte d’élargir la zone d’opérations des forces d’occupations… 

La France ayant l’amertume de l’expérience de la RCA où elle n’a pu obtenir ce qu’elle désirait aurait adopté une autre stratégie au Mali : celle du jeu au chat et à la souris.

Bénin : comment les USA comptent-ils chambouler le pays ?

Quelque chose se prépare sur la Côte : après s’être entretenu avec Ouattara, alors que l’armée ivoirienne fait face à des attaques terroristes, le commandant des Forces américaines en Afrique (AFRICOM), le général Stephen Townsend débarque au Bénin.

Ce qui a laissé entendre un possible déplacement du siège de l’Africom vers la Côte et visiblement ce n’est que le début de ce plan américain.

Mais quels pourraient être les objectifs de cette visite en ces temps marqués par un retour des pays africains vers les puissances de l’Est ? Surtout que le Bénin vient de conclure un accord de 40 millions de dollars avec la Chine lui permettant de placer son réseau de communication loin des infiltrations occidentales.

La République du Bénin a reçu de la Chine un prêt concessionnel de 265 millions de yuans RMB (40,2 millions USD) pour densifier son réseau télécom à haut débit. L’accord financier a été signé, mardi 14 septembre, par le ministre béninois des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, et l’ambassadeur de Chine près le Bénin, Jingtao Peng.

Évidemment, cela entre dans le cadre de ce que disait le chef de renseignement français comme quoi la violence terroriste partirait du Sahel vers la Côte avant fin 2021.

Mais comment les Américains comptent-ils chambouler le Bénin ?

En voici une feuille de route proposée par un think tank international qui n’a aucune identité précise deux mois avant l’arrivée de ce général qui se focalise sur les tensions communautaires, les tensions dites foncières et les tensions dites interethniques.

Selon ce rapport, « la montée des violences s’observe dans trois régions du Nord -l’Alibori, le Borgou et l’Atacora- frontalières avec le Niger, le Burkina Faso et le Nigeria, des pays où sont implantés plusieurs groupes jihadistes ».

La feuille de route est si précise qu’elle indique même où les forces spéciales US qui cherchent d’ores et déjà à se connecter avec l’armée béninoise devraient opérer.

Voici ce qu’en dit ensuite ce rapport sur les tensions qui existent au Bénin :

« Au premier rang figurent les tensions entre les agriculteurs et les éleveurs (appartenant principalement à la communauté peule) autour de l’accès aux terres, qui "s’enveniment" depuis des décennies et se sont "ethnicisées".

Ensuite viennent les disputes engendrées par un système de propriété foncière défaillant, liées aux nombreux changements de régime foncier au fil du temps, qui ont créé des incertitudes juridiques.

Enfin, le rapport pointe du doigt la gestion par l’ONG privée sud-africaine African Parks Network des deux parcs situés dans le nord du Bénin (la Pendjari et W), facteur de tensions avec les communautés locales, qui pourraient être exploitées par des groupes extrémistes ».

Ce rapport évoque clairement les bases d’attaques terroristes à venir dont l’armée béninoise devrait s’en méfier.

D’ailleurs lors de sa visite au Bénin, le général de l’armée américaine Stephen Townsend évoque « une approche régionale coopérative ». Mais ce général ignore que dans cette approche régionale, les USA et leurs alliés n’ont rien à faire, puisque ce sont les pays africains, eux-mêmes qui devraient coopérer afin de combattre le terrorisme interposé, et cet objectif ne sera atteint en la présence des commanditaires de ces terroristes.

La côte ne laissera pas les USA et leurs alliés de procéder à un remake du scénario sahélien.

Soudan : manifestations au détriment de la base navale russe ?

Depuis mi-septembre, des manifestants bloquent la ville de Port-Soudan. Ils dénoncent un accord de paix signé il y a près d’un an entre différents mouvements rebelles et le gouvernement de Khartoum. Signé le 3 octobre 2020, cet accord ne garantit pas selon eux une bonne représentation politique.

Luc Michel, géopoliticien revient sur ce sujet.

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