Guinée: la Russie prête à défendre ses intérêts? (Zoom Afrique)

PressTV Français 72 views
Zoom Afrique du 28 octobre 2021

 

Un destroyer de la marine russe est intervenu dans le golfe de Guinée le 25 octobre pour secourir un navire arraisonné par des pirates. Ces derniers ont immédiatement pris la fuite, selon un communiqué du Ministère russe de la Défense.

 

▶ Analyses de la rédaction:

 

1- Burundi : nouvelle cible occidentale?

2- Guinée : la Russie défendra ses intérêts?

3- Mali : à qui profite le coup d’État?

 

▶ Actualité en Afrique :

 

◾ Côte d’Ivoire-AIP : Patrick Achi inaugure le service de gynéco-obstétrique du CHU de Treichville réhabilité

◾ L’État sud-africain prévoit d’acquérir la raffinerie pétrolière Sapref, détenue par Shell et BP

◾ Madagascar : lancement du programme de liaison entre PME et grandes entreprises pour créer des emplois et réduire les inégalités

◾ La Tanzanie remercie Huawei pour son rôle dans la formation aux TIC

 

______________________________

Burundi : nouvelle cible occidentale ?

On comprend désormais pourquoi le feu Nkurunziza a disparu mystérieusement.

Cette mission de l’ONU qui cogne depuis plusieurs jours à la porte du Burundi a l’air d’une mission de reconquête, pire encore, une mission d’occupation rien qu’à regarder les conditions qu’elle tente d’imposer au pays en faisant chanter le Burundi.

« La question d’une plus grande participation du Burundi aux missions de paix de l’ONU a été au cœur de la visite de travail de deux jours de Jean-Pierre Lacroix, le secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des missions de paix à Bujumbura. Une question qui a été mise sur la table par tous les acteurs de ce dossier et un sujet de préoccupation pour les autorités burundaises, car cette activité est devenue aujourd’hui la principale source de devises, alors que le pays traverse une grave crise économique. Jean-Pierre Lacroix a estimé dans une interview à RFI que c’était encore tôt, en détaillant certaines conditions à remplir avant d’envisager un déploiement de troupes burundaises supplémentaires », lit-on sur RFI.

Au fait, cela a l’air d’un redéploiement. À travers ce texte, on voit clairement que l’axe occidental met la pression sur le Burundi pour que ce pays ouvre la porte aux officiers occidentaux. Voici comment le RFI en parle : 

« Premier défi, celui de la préparation des unités qui doivent être déployées dans les missions de l’ONU. Le Burundi dispose d’un centre de formation de maintien de la paix au nord de Bujumbura. Mais depuis la crise de 2015, les instructeurs occidentaux qui y officiaient sont partis ; les Nations unies veulent vérifier, comme c’est la règle, le niveau de préparation des troupes que le pays voudrait mettre à leur disposition. » 

En 2015, Nkurunziza a mis à la porte ces soi-disant instructeurs pour cause de tentative de déstabilisations qu’ils pilotaient.

 Maintenait, l’ONU cet instrument du colonialisme occidental se fait prier ! Voyons le second défi évoqué par le média colonialiste :

« Hélicoptère, blindés, chars ou encore équipement individuel... chaque pays pourvoyeur de troupes doit équiper ses hommes en mission. C’est une véritable épine pour le Burundi, qui n’en a pas les moyens en raison de la grave crise économique qu’il traverse. »

Là, évidemment RFI met le doigt sur un point axial, des armées africaines sous équipées pour cause des décennies de colonialisme, d’ingérences et de pillage occidentales, ce qui permet à ces mêmes puissances de les mercenariser.

« Autre sujet de préoccupation, la “conduite et discipline des Casques bleus”. Or, l’ONU a demandé à Gitega depuis cinq ans d’enquêter sur des allégations d’abus sexuels contre une vingtaine de Casques blues burundais déployés à l’époque au sein de la MINUSCA en Centrafrique. D’autres cas se sont rajoutés depuis, mais jusqu’ici ces enquêtes n’ont pas encore abouti, déplore notre source », lit-on par la suite sur RFI.

Évidemment, cette liste de défis ne pourrait s’achever sans ce troisième point qui est une honte pour l’ONU, un symbole de discrimination absolue, d’impunité criminelle, c’est-à-dire les abus et violes au sein des contingents occidentaux des forces dites de maintien de la paix dans les pays africains et que ces mêmes pays tendent toujours à en incomber la faute aux Africains sans avoir à y répondre.

 Mais pourquoi un retour des officiers occidentaux au Burundi ? Il y a le Rwanda la Tanzanie et surtout la RDC tout autour... Un Burundi soumis aux infiltrations des services secrets occidentaux cela veut dire des guerres en perspectives tout autour.

La RDC qui s’apprête d’ailleurs à normaliser avec Israël et à accueillir sur son sol, outre les forces spéciales US qui y opèrent et les forces israéliennes. Si le président burundais cède, il y aura d’ici peu l’émergence de Daech au Burundi comme cela fut le cas en RDC…

 

Guinée : la Russie défendra ses intérêts ?

Un destroyer de la marine russe est intervenu dans le golfe de Guinée le 25 octobre pour secourir un navire arraisonné par des pirates. Ces derniers ont immédiatement pris la fuite, selon un communiqué du Ministère russe de la Défense.

Dans un communiqué publié le 25 octobre, le Ministère russe de la Défense a rapporté l’intervention d’un navire de guerre russe dans le golfe de Guinée alors que des pirates tentaient de s’emparer d’un porte-conteneurs.

« L’équipage du navire anti-sous-marin Vice-amiral Koulakov a empêché la capture d’un navire civil par des pirates dans le golfe de Guinée, dans l’océan Atlantique », expliqué le communiqué. « Vers 13h00, le navire russe a reçu un signal de détresse du porte-conteneurs Lucia battant pavillon du Panama et naviguant de la République du Togo à la République du Cameroun », est-il précisé.

 En effet sous la présidence d’Alpha Condé, la coopération entre la Russie et la Guinée dans les domaines militaires et techniques a atteint un niveau stratégique.

La Guinée coopérait activement dans le domaine militaire avec la Russie depuis son indépendance en 1958.

En 2018, la Russie et la Guinée ont conclu, pour la première fois depuis l’effondrement de l’URSS, un accord de coopération militaire.

Le document a été signé le 4 avril 2018 à Moscou au cours de la rencontre entre le ministre russe de la Défense, le général d’armée Sergueï Choïgou et le ministre d’État auprès du président de la République de Guinée pour la défense nationale, Mohamed Diane.

Alors que le putschiste, le colonel Mamadi Doumbouya tente depuis le renversement du président Condé de s’en prendre à toutes les institutions qui ont connu un développement sans précédent et de mettre ses pions à la tête de ses institutions afin de pousser le pays dans le chaos, cette opération de sauvetage russe en pleine période d’instabilité en Guinée pourrait montrer qu’il est possible que la Russie aille encore plus loin et cherche à mettre à profit ses liens stratégiques pour contrer les putschistes en Guinée.

Au-delà de l’importance géostratégique que représente la Guinée pour Moscou, et des liens historiques qui lient les deux anciens alliés du bloc de l’est, la présence en Guinée de Rusal, numéro un mondial de l’aluminium, est un élément qui pèse lourd dans la balance. Car pour garder le cap de son leadership mondial sur l’aluminium, Rusal a besoin au même titre que les entreprises chinoises de la bauxite guinéenne qu’elle exploite depuis des décennies.

Vouloir continuer à maintenir des coopérations avec la Guinée post-Condé sous une junte propulsée au sommet de l’État sous l’auspice de la France ne serait évidement pas possible et cette mission anti pirate du destroyer russe pourrait signifier le début de la volonté russe à ne pas laisser ses intérêts être piétinés par les putschistes.

 

Mali : à qui profite le coup d’État ?

En 2019 on se rappelle comment Imam Dicko avait mobilisé la population contre la présence interventionniste de la force d’occupation française et comment le peuple l’a suivi jusqu’à ce que la France soit prise de panique et qu’il commette un coup d’État tout en cherchant à dénaturer le mouvement et à lui attribuer une exigence bien contraire à ceux que la foule voulait vraiment à savoir « Barkhane dégage ».

Le coup d’État intelligemment planifié a fini par porter dans le palais présidentiel une junte militaire très proche des USA, mais aussi de la France, une France désormais littéralement américanisée à la suite de l’arrivée au pouvoir de la junte

Cette défiguration de revendications du peuple a largement déçu l’Imam Dicko qui au bout de quelque temps a décidé de s’éloigner de la junte

Pourtant ses proches continuaient à rester dans la structure du pouvoir jusqu’à ce second coup d’État qui un peu comme le coup qu’on vient de vivre au Soudan a fini par balayer les civils et à mettre le pouvoir entre les mains de l’armée.

Or, ce second coup de force a ouvert une période riche en péripéties et surprises, dont l’une a consisté assez récemment a parler d’un appel lancé par une junte à la Russie pour qu’elle vienne sécuriser le nord du mali, non pas parce que c’est le choix souverain du peuple malien, mais dixit le PM, « parce que la France a abandonné le Mali en cours de route ! »

 La question est dès lors la suivante : le déploiement de Wagner dans le nord du Mali aide-t-il réellement à la fin de la violence terroriste ou s’agit-il surtout d’un épisode à haut risque justifiant la multiplication des acteurs dans le nord du Mali quitte à porter atteinte au processus de réconciliation, bête noire de Barkhane et ultime moyen destiné à renforcer l’unité nationale et à priver les forces d’occupation de tout prétexte afin de justifier la prolongation de leur présence ?

Si l’ex-vice-président du parlement est parti suivant ce principe dans ses propos cela semble moins à une subversion qu’à une préoccupation ? Pour le reste on ne peut s’empêcher de se demander « cette histoire de Wagner qui a aidé à repousser au second plan l’élection, n’a-t-il pas été mis à profit par la junte pour liquider le recors au vote populaire et partant l’arrivée d’un gouvernement élu, et ce, dans le strict objectif de répandre le chaos ?

D’ailleurs le modus operandi est sur le point de s’appliquer à beaucoup de pays africains où le coup d’État remplace les élections. Issa Kaou N’Djim n’est peut-être pas un subversif, mais un visionnaire qui voit comme un mouvement populaire qui allait mettre à la porte l’occupation française et a été dénaturé et devenu par une jante manipulée et manipulant “atone”. 

Add Comments